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Nourrir le chien de garde

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C’est dans l’indifférence que des élus d’opposition des villes de Québec, Sherbrooke, Longueuil, Laval et Terrebonne ont présenté l’été dernier un mémoire réclamant une réflexion sur la démocratie municipale.

Contrairement à ce qui se passe dans les parlements, les membres des oppositions municipales ont très peu de moyens garantis par la loi. Alors que le gouvernement libéral, en 2017, a conféré de plus larges pouvoirs aux villes, il n’a rien fait pour renforcer la reddition de comptes auprès de leurs contribuables.

Pas plus qu’un citoyen

La loi sur les cités et villes prévoit que l’élu d’un parti qui a obtenu plus de 20 % des voix peut constituer un cabinet, ce qui lui permettra notamment d’embaucher des gens qui vont éplucher la paperasse municipale. Or, c’est pas mal tout ce qui est prévu.

Sauf qu’au moment de faire valoir les intérêts de celles et ceux qui l’ont élu, notamment en demandant des documents ou de l’information aux fonctionnaires, un conseiller municipal ne dispose pas de plus de pouvoirs qu’un simple citoyen.

Dans certaines villes, les élus d’opposition doivent faire approuver leurs embauches ou les aides financières qu’ils octroient à même leur budget par le cabinet du maire ou son conseil exécutif. À Sherbrooke, la chef de l’opposition ne dispose même pas d’un bureau à l’hôtel de ville.

Se servir dans la caisse

Évidemment, peu de citoyens vont se mobiliser pour que des élus reçoivent plus de ressources. Et le gouvernement Legault ne va pas accourir pour compliquer la vie de maires avec qui il collabore tous les jours.

Il n’y a pourtant pas si longtemps au Québec, on a constaté qu’on avait un gros problème d’imputabilité au municipal. On s’est également aperçu que plusieurs villes où il y avait des malversations avaient en commun de ne pas avoir d’opposition organisée.

Si on ne nourrit pas le chien de garde, il ne faut pas se surprendre si personne ne jappe quand quelqu’un se sert dans la caisse.