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Universitas change de nom mais garde la même recette

Nathalie Delisle
Photo courtoisie Mère de quatre enfants, Nathalie Delisle a mis sur pied une page Facebook pour permettre aux gens de s’exprimer sur les changements des plans collectifs de REEE chez Universitas.

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Je ne suis pas spécialiste en marketing, mon opinion sur la nouvelle dénomination d’Universitas, connue pour ses régimes enregistrés d’épargne études (REEE), vaut bien la vôtre.

L’entreprise s’appelle désormais Kaleido. Ça fait jeune, mais ce n’est pas facile à prononcer au début. Faut s’y faire. C’est vrai que le nom « Universitas » commençait à faire vieillot, d’autant plus qu’il était de plus en plus associé à la controverse, ce qui me fait suspecter l’opération de maquillage, mais là encore, le mascara et le fond de teint, ce n’est pas non plus mon rayon.

La direction affirme que ça n’a rien à voir. « Universitas », ça faisait trop « université », dit-on, ce qui ne reflétait pas la portée plus large de la mission de l’entreprise, centrée « sur l’atteinte du plein potentiel de l’enfant », selon les mots de la présidente Isabelle Grenier. En effet, ce potentiel peut être réalisé dans une filière professionnelle du cégep. Soit !

Parents fâchés, produits critiqués

Ça tombe bien, tout de même. Des parents clients d’Universitas poursuivent actuellement l’entreprise pour des « pertes » qu’elles ont subies à la suite de modifications rétroactives à ses règles d’attribution de bourses. Ses produits REEE ont aussi essuyé plusieurs critiques (dont les miennes), sans parler de la mauvaise presse que lui attirent à l’occasion certains de ses représentants.

Il n’y a aucun doute qu’Universitas, aujourd’hui Kaleido, a beaucoup fait pour vulgariser le fonctionnement du REEE et sensibiliser les parents à l’importance d’épargner pour les études de leurs enfants. On se retient toute de même de l’en féliciter, ce travail d’éducation sert ses affaires. Si Kaleido voulait vraiment aider les parents à financer les études de leur progéniture, elle leur conseillerait d’ouvrir un compte REEE ailleurs.

REEE collectif vs REEE Invididuel

Kaleido offre les mêmes produits REEE collectifs (REEEFlex). Ce type de produit se distingue du REEE individuel par sa rigidité. Alors qu’on peut contribuer à sa guise dans la version individuelle, comme dans un REER, le régime collectif impose aux parents un rythme d’épargne qu’il leur faut maintenir jusqu’à ce que l’enfant puisse toucher les bourses.

Le REEE collectif est proposé sous forme d’unités. Pour chaque unité vendue, le représentant (le vendeur) de la fondation touche une commission. Les premières cotisations des parents au REEE de leurs enfants servent à payer ces commissions. Dans le jargon de Kaleido, cela s’appelle les frais de souscription. Ils seront perdus si les parents cessent leurs contributions ou décident de déménager le REEE ailleurs.

Des enfants qui font les frais

L’entreprise garantit le remboursement des frais de souscription à la toute fin, quand leurs enfants commencent à recevoir des bourses. Il faut savoir que l’argent qui sert à les rembourser provient des rendements du REEE. D’une certaine manière, ce sont donc les enfants qui font les frais, car les bourses (appelés « paiements d’aide aux études » ou PAE) sont constituées en bonne partie des rendements (l’autre portion provient de subventions gouvernementales versées dans le compte).

De faibles rendements

Si seulement les rendements du REEE collectif Kaleido étaient à la hauteur, mais ils sont en dessous du marché. Il faut reconnaître que ces faibles performances sont compensées par le phénomène d’attrition inhérent au REEE collectif. Une partie de l’argent laissé sur la table par les parents qui décrochent de leur engagement (ou par les enfants qui n’entament pas d’études postsecondaires) profite aux familles qui tiennent jusqu’au bout.

C’est d’ailleurs la question de l’attrition qui se trouve au cœur du litige qui oppose actuellement un groupe de parents à la fondation de bourses d’études. Il y a deux ans, Universitas a décidé d’assouplir les règles d’attribution de bourses de manière à ce que plus d’enfants puissent recevoir de l’argent. Ce faisant, les parents dont les enfants se qualifiaient selon l’ancien système ont vu rouge. Le montant des bourses auxquelles avait droit leur progéniture a soudainement diminué de façon substantielle !