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«Hypocrite(s)» : Billy Tellier et nos quatre vérités

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MONTRÉAL | «Hypocrite(s)», le nouveau spectacle de Billy Tellier, est une séance de défoulement collectif, un exutoire à tous les petits mensonges qu’on se raconte, à soi-même et aux autres, pour mieux briller en société. L’humoriste y crache mille et une vérités, et sa franchise frappe dans le mille.

À l’Olympia, mardi, où «Hypocrite(s)» passait le test du baptême médiatique, Tellier a époumoné ses observations et analyses de nos comportements bien-pensants et nous a remis les yeux en face des trous.

De la fausse histoire qu’on raconte à fiston pour lui cacher la mort du poisson rouge au Défi 28 jours sans alcool, en passant par l’infidélité, la pornographie, la nostalgie à outrance, et même les allergies ou le cancer, personne n’est sans tache, et c’est à ce filon que Billy Tellier s’accroche tout au long de «Hypocrite(s)».

En prime, si vous n’êtes pas parents, vous apprendrez la signification du terme «méconium» (ce dont on aurait toutefois pu se passer).

Sympathique

Bien sûr, il ne nous apprend pas grand-chose; bien sûr qu’on se demande tous pourquoi les victimes d’inondations ont bâti leur demeure à proximité d’un cours d’eau, même si, au grand jour, on préfère user de sympathie et de compassion. Mais nos hypocrisies répétées constituaient une très bonne base pour dresser un portrait de société façon Billy Tellier.

Pas de grandes révélations ou d’audace incroyable ici, quelques rires honnêtes – ceux de l’Olympia étaient enflammés en ce soir de première –, mais la proposition est loin d’être inintéressante. Billy Tellier offre une prestation de «stand up» en toute simplicité, cohérente, souvent bien «punchée» et sympathique à souhait.

À la mise en scène, Laurent Paquin avait la tâche facile, la seule énergie de son poulain dopant l’ambiance à elle seule (on a peine à croire qu’il est papa de deux jeunes bambins et qu’il se lève chaque matin aux aurores pour animer à la radio). Le décor d’«Hypocrite(s)», parsemé de grappes de lumières savamment réparties en fond de scène, est de surcroît très joli.

Boucle bouclée

Le premier numéro d’«Hypocrite(s)» – qui arrive six ans après le début de la première tournée de Billy Tellier, «La loi du plus fort» (2013) – englobe bien à quoi ressembleront les 90 minutes suivantes.

Tellier y évalue l’honnêteté de son parterre, en demandant aux spectateurs de répondre à diverses mises en situation de la vie quotidienne. Son constat? «Le malheur des uns fait le bonheur des autres».

Décidé à faire tomber tous les masques, l’artiste va même jusqu’à ironiser sur sa paternité. «C’était comme un casse-tête: c’était plus "le fun" le faire que le voir fini!», s’est-il apparemment exclamé après la naissance d’un de ses chérubins. «T’as combien d’enfants? Deux? Lequel tu préfères?», ose-t-il s’enquérir auprès d’un homme dans la salle.

On apprend dans l’un des monologues que Billy Tellier est passé à travers un cancer. Son conseil à ceux et celles qui recevront un tel diagnostic? «Profitez de la pitié», qui jaillira automatiquement chez votre entourage.

Sa tirade finale sur les règlements des jeux «de» société, et «en» société, sonnera jouissive aux oreilles de plusieurs et débouche sur une finale qui rejoint habilement la boucle ouverte en début de représentation. Billy Tellier a de la suite dans les idées!

Billy Tellier présentera «Hypocrite(s)» en tournée au Québec dans les prochaines semaines. Pour informations : billytellier.com.