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Le rêve brisé de pouvoir s’établir au Québec

Rencontré au Pavillon Alphonse-Desjardins, Ibrahima Kone a amorcé un doctorat en 2015 à l’Université Laval.
Photo Jean-François Desgagnés Rencontré au Pavillon Alphonse-Desjardins, Ibrahima Kone a amorcé un doctorat en 2015 à l’Université Laval.

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Au beau milieu de ses études doctorales en communication publique à l’Université Laval, Ibrahima Kone se demande si la réforme du programme pour les étudiants internationaux signifie la fin de son rêve.Originaire de la Côte d’Ivoire, ce dernier a quitté son pays pour venir étudier au Québec en août 2015. 

Il n’a jamais eu de promesse, mais l’argument à l’avant-plan était selon lui « la possibilité » d’une nouvelle vie. Ses efforts pourraient s’avérer inutiles. 

« Je voulais m’établir ici. C’était un rêve et j’avais la possibilité d’obtenir le Certificat de sélection du Québec (CSQ), puis d’être résident permanent et peut-être obtenir la citoyenneté. En quittant, on prend des risques », explique l’homme qui a déjà 33 ans. 

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En réflexion 

La réforme risque d’avoir un impact majeur sur la suite de son projet. 

« À la fin de mon doctorat, je n’aurai pas l’occasion d’appliquer tout de suite au CSQ. Mon programme n’est pas dans la liste. Je ne veux pas occuper un emploi de caissier pendant deux ans avant d’appliquer. Ce n’est pas ce que je veux faire avec un doctorat. » 

L’étudiant de troisième cycle, qui n’a ni femme ni enfant, avoue également qu’il a perdu une grande partie de sa motivation. 

« Je ne sais pas si je vais terminer ou pas. Je suis perturbé et je réfléchis. Je ne sais plus où je m’en vais. J’avais un rêve et c’est brisé. Je n’ai plus d’espoir. » 

Ibrahima Kone a répété qu’il aime le Québec et la langue française. Ses sentiments sont très partagés à l’heure actuelle. 

« Je ne sais pas si c’est une colère, mais c’est décevant. Je suis un peu amer. On est meurtri. J’espère que le gouvernement va revoir le programme. Ils ont le droit de fixer les règles, mais ça vient briser nos rêves. »