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Suicide d’une fonctionnaire fédérale: Le syndicat veut des actions concrètes

Suicide d’une fonctionnaire fédérale: Le syndicat veut des actions concrètes
Photo d'archives, Agence QMI

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OTTAWA – L’un des principaux syndicats représentant les fonctionnaires fédéraux exhorte Ottawa à entreprendre des actions concrètes pour soulager l’exaspération et le désespoir que vivent plusieurs de ses membres face aux problèmes de paie causés par Phénix. 

La coroner du Québec Pascale Boulay a conclu dans un rapport publié mardi que la rigidité du système de paie est en partie responsable du suicide d’une fonctionnaire fédérale, Linda Deschâtelets. 

Les paies de Mme Deschâtelets ont été subitement amputées en 2017 sans que l’employée du fédéral obtienne de préavis ou d’explication par la suite. Déjà dans une situation financière précaire, la fonctionnaire s’est suicidée, notamment face à la crainte de perdre sa maison. 

«C’est le cas de plusieurs centaines de personnes que l’on représente [de vivre un lourd stress financier]», a dit en entrevue à LCN Magali Picard, vice-présidente directrice nationale de l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC). 

Ce syndicat, qui représente plus de 200 000 travailleurs fédéraux, ne compte plus les histoires d’horreurs entendues parmi ses membres. «C’est la situation des gens qui ont des problèmes tellement sérieux qu’ils ont perdu leur maison, perdu leur ménage, perdu leur couple, a-t-elle donné en exemple. C’est terrible, les impacts de Phénix.» 

Détresse psychologique 

De son côté, le gouvernement a offert ses condoléances à la famille et aux proches de Mme Deschâtelets, tout en indiquant qu’il étudiera le rapport et les recommandations de la coroner. 

«Entre-temps, nous encourageons les employés aux prises avec des problèmes de santé mentale à demander de l’aide au besoin. Parlez-en à votre gestionnaire ou communiquez avec le Programme d’aide aux employés de votre organisation en tout temps», a soutenu Bruce Cheadle, porte-parole pour la présidente du Conseil du Trésor, Joyce Murray. 

Les ratées de Phénix perdurent depuis son implantation, il y a quatre ans. Des erreurs dans le système de paie font en sorte que des milliers de fonctionnaires ne reçoivent pas la rémunération qu’ils devraient et, dans certains cas, ne sont pas payés du tout. 

Face aux nombreux cas de détresse psychologique suscités par ces erreurs, Mme Picard estime que la Norme nationale du Canada sur la sécurité psychologique devrait s’appliquer obligatoirement dans tous les ministères et organismes fédéraux. Celle-ci, élaborée en 2013 et ensuite remise à l’avant-plan en 2018 par la Commission de la santé mentale du Canada, prévoit une série d’outils pour faire la promotion du bien-être au travail et pour prévenir les cas de préjudices psychologiques. 

«On va continuer à travailler avec le gouvernement du Canada, mais on s’entend que, là, ça prend des mesures concrètes. Il faut absolument qu’il y ait de la formation aux gestionnaires pour être capable d’approcher les travailleurs, de faire de la prévention en sécurité psychologique dans le milieu de travail», a ajouté Mme Picard.