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Dans la controverse, la conseillère Marie-Josée Parent se retire du dossier de la réconciliation

Dans la controverse, la conseillère Marie-Josée Parent se retire du dossier de la réconciliation
Photo d'archives, Sarah Daoust-Braun

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La conseillère municipale de l'administration Plante, Marie-Josée Parent, qui est sur la sellette depuis que deux chercheurs ont questionné, preuves à l'appui, ses racines autochtones a tenu à fournir sa version des faits devant des citoyens, dans le cadre de l'assemblée du conseil d'arrondissement de Verdun.

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Mme Parent a d'abord qualifié de discutables les recherches. Elle a aussi longuement expliqué avoir un puissant sentiment d'appartenance à la nation Micmac. L'élue a confirmé publiquement qu'elle laissait temporairement le dossier de la réconciliation avec les peuples autochtones qu'elle pilotait au comité exécutif.

«Si les sources de cette recherche sont discutables et que cet arbre généalogique n'est que partiellement juste, je tiens à le préciser, la publication de ce message m'a amené à réfléchir sur les raisons qui ont pu motiver un tel geste et sur les enjeux sous-jacents à ce désir de remettre en question mon identité et celle de ma sœur», écrit Marie-Josée Parent avant d’ajouter

«Andrée-Yanne et moi, nous nous présentons comme d'origines Micmaques et Acadiennes. Notre sentiment d'appartenance à la nation Micmac émerge d'une tradition orale familiale qui raconte les affiliations que nous avons avec cette nation, à différents moments de notre histoire et d'un long processus de réinscription de notre famille dans une culture avec laquelle nous avions perdu plusieurs liens, mais de laquelle nous avons aussi reçu des enseignements importants. Plusieurs éléments manquent encore dans notre histoire. Nous avions fait le choix, après avoir reçu les encouragements de membres de la communauté qui connaissent notre histoire, d'exprimer fièrement et à voix haute notre identité.»

La conseillère municipale de l'administration Plante fait savoir qu’à travers son processus identitaire, elle a aussi pu mieux comprendre les enjeux autochtones au Canada. «Je me suis plongée dans un apprentissage des pratiques culturelles de ma nation. J'ai réussi à nommer des apprentissages que j'avais reçus, mais aussi à bien comprendre les droits des peuples autochtones. Je me suis mis à travailler corps et âme afin que ces droits soient respectés, pour que les structures de gouvernance soient revues afin de redonner du pouvoir aux Premiers Peuples. Je me suis engagée bénévolement avec plusieurs membres de la communauté autochtone à Montréal à améliorer les conditions de vie des autochtones d'ici. Ces engagements intellectuels et émotifs font de moi une meilleure citoyenne.»

«Aujourd'hui, j'en suis convaincue. Cette compréhension m'amène aussi à saisir que pour certains me réclamer d'une identité autochtone publiquement peut être problématique. Dans ce contexte, parce que le processus de réconciliation que j'ai amené à la Ville de Montréal et auquel je crois profondément est fondamental et tellement plus important que mon histoire personnelle et parce que je comprends que certaines personnes ressentent un malaise face à la façon dont je me présente publiquement, je décide de poursuivre ce processus de façon personnelle et privée. Je vais donc me retirer temporairement du dossier de réconciliation, le temps de terminer ce processus. J'espère y revenir rapidement», conclut Marie-Josée Parent.