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Erdogan affirme que la Turquie a arrêté une femme de Baghdadi

Recep Tayyip Erodgan
AFP Recep Tayyip Erodgan

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Le président Recep Tayyip Erodgan a déclaré mercredi que la Turquie avait capturé une épouse d’Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe État islamique (ÉI) tué par un commando américain fin octobre.  

Après avoir mené l’opération ayant mené à la mort de Baghdadi, les États-Unis « ont lancé une gigantesque campagne de communication », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours à Ankara retranmis à la télévision.  

« Quant à nous, nous avons attrapé son épouse --je le dis aujourd’hui pour la toute première fois--, mais nous ne fanfaronnons pas à ce sujet », a dit le président turc, sans indiquer quand ni où cette arrestation avait eu lieu.  

Un responsable turc a par la suite précisé que l’épouse de Baghdadi, qu’il a présentée comme la « première femme » de l’ancien chef de l’ÉI décrit comme polygame, avait été arrêtée le 2 juin 2018 dans la province turque de Hatay, frontalière de la Syrie.  

Elle a été arrêtée en compagnie de 10 autres personnes, dont une fille de Baghdadi, a ajouté ce responsable sous couvert d’anonymat, affirmant que le lien de parenté avait été établi à la suite d’analyses ADN effectuées à l’aide d’un échantillon fourni par les autorités irakiennes.  

Selon le responsable turc, après son arrestation, l’épouse de l’ex-chef de l’ÉI a « communiqué beaucoup d’informations au sujet de Baghdadi et sur le fonctionnement interne de l’ÉI ».  

« Nous avons pu confirmer beaucoup de choses que nous savions déjà. Nous avons aussi obtenu de nouvelles informations qui ont conduit à plusieurs arrestations ailleurs », a-t-il ajouté, sans livrer davantage de détails.  

Il a indiqué que les 11 personnes interpellées étaient aujourd’hui détenues dans un centre de rétention pour migrants en Turquie.  

Cette annonce intervient au lendemain d’une autre annonce : celle de l’arrestation d’une soeur de Baghdadi, de l’époux de celle-ci, de sa belle-fille et de cinq enfants, lors d’une opération des forces turques menée lundi en Syrie.   

Le président américain Donald Trump a annoncé le 27 octobre la mort de Baghdadi lors d’un raid au cours de la nuit précédente dans le nord-ouest de la Syrie, à quelques kilomètres de la frontière turque.  

Le lendemain de cette annonce, la Turquie a affirmé que ses services de renseignement et ses militaires avaient eu des contacts « intenses » avec leurs homologues américains dans la nuit où s’est déroulée l’opération ayant conduit à l’élimination de Baghdadi.  

Longtemps soupçonnée d’avoir laissé les jihadistes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le début du conflit qui déchire ce pays depuis 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par l’ÉI, a rejoint en 2015 la coalition antijihadiste.  

Mais Ankara a été accusé ces dernières semaines d’affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l’ÉI en lançant, le 9 octobre, une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance du combat contre l’organisation jihadiste.