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Les Ontariens injectent 227 M$ dans la croissance de Coveo

Louis Tetu de Coceo
Photo d'archives

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Un important gestionnaire de fonds institutionnels ontariens s’intéresse au savoir-faire québécois. Omers et trois autres organisations injecteront 227 millions $ dans la compagnie de techno Coveo pour appuyer sa croissance.  

«Nous poursuivons sur notre lancée. Nous sommes rendus à près de 500 employés. Notre croissance est très rapide, soit de l’ordre de 50 %», indique au Journal, Louis Têtu, président et chef de la direction. 

Cette nouvelle ronde de financement menée par la caisse de retraite des employés municipaux de l'Ontario (OMERS) comprend une participation du Fonds de solidarité FTQ, d’Investissement Québec et de la firme de Silicon Valley, Evergreen Coast Capital, une filiale d’Elliott Management. 

Les termes de la transaction n'ont pas été divulgués. 

Il s’agit d’un deuxième financement d’envergure récolté par l’entreprise spécialisée dans les solutions de recherche et de personnalisation par intelligence artificielle en moins de deux ans. 

En 2018, Elliott Management lui avait aussi fait un chèque de 100 millions $ en échange de 27 % des parts de l’organisation. Pour le financement de 227 millions $, Coveo a émis 15,5 % de nouvelles actions. Aujourd’hui, «75 % de l’actionnariat est Canadien, dont 60 % Québécois», précise la direction. 

Une licorne 

M. Têtu, qui est connu pour avoir mis au monde Taleo qui a été vendue pour 1,9 milliard $, avait comme objectif que Coveo ait une valeur de plus d’un milliard de dollars d’ici 2021. L’entrepreneur en série confirme avoir atteint cette marque. Ce qui fait que son organisation fait maintenant partie du club des licornes, comme on dit en affaire. 

Coveo réalise actuellement 94 % de ses ventes à l’extérieur du Canada, entre autres, aux États-Unis et en Europe. L’entreprise compte notamment parmi ses clients Visa et Tableau Software. 

«Nous réalisons du gain en capital pour le Québec, on n’envoie pas l’argent à Paris ou ailleurs», fait valoir le président, qui n’a jamais caché sa position sur les investissements des gouvernements dans les entreprises technologiques étrangères. 

«Présentement, nous sommes près d’autofinancer notre croissance organique. La majorité du montant que nous avons obtenu il y a environ 20 mois, nous l’avons encore dans notre compte bancaire», poursuit-il. 

Ce bas de laine de plusieurs centaines de millions de dollars pourrait servir pour réaliser des acquisitions ou pour appuyer des développements technologiques au cours des prochaines années. 

C’est dans le secteur du commerce de détail que la compagnie fondée en 2004 par Laurent Simoneau — il est toujours copropriétaire — souhaite prendre de l’expansion. Le marché américain sera notamment ciblé. 

«Au Québec, les compagnies doivent compétitionner contre Wayfair 

et Amazon qui personnalisent les expériences clients. Nous, nous avons la plateforme numérique pour être capables de rendre ces entreprises comme des géants technologiques», explique M. Têtu. 

En 2017, Coveo a annoncé l’ouverture d’un bureau à Montréal. On y retrouve aujourd’hui 160 travailleurs. L’objectif est d’en avoir 300 d’ici un an. La compagnie, dont le siège social est à Québec, a aussi des bureaux à Sherbrooke, à New York, à San Francisco et à Londres.