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Rencontre entre la ministre de la Santé et un policier inquiet des enjeux en santé mentale

Yannick Campagna avait dénoncé cet été les «portes tournantes» du réseau de la santé

Rencontre entre la ministre de la Santé et un policier inquiet des enjeux en santé mentale
Photo courtoisie

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Le policier du SPVQ qui avait sonné l’alarme sur le manque de service en santé mentale a finalement rencontré la ministre de la Santé mercredi, une rencontre «proactive» où l’ouverture de la ministre aura été très rassurante pour la suite, assure Yannick Campagna. 

Après avoir interpellé le gouvernement sur le manque de soutien pour les policiers qui doivent intervenir dans des dossiers de santé mentale plus tôt cette année, Yannick Campagna a pu aborder la question avec Danielle McCann mercredi soir. 

 Accompagné du président de la Fédération des policiers municipaux du Québec, François Lemay, l’agent Campagna est ressorti soulagé de sa rencontre avec la ministre de la Santé. 

 «Elle a été très ouverte, très à l’écoute et surtout sincère. Mme McCann est elle-même travailleuse sociale de formation et on a senti que la situation de ces gens-là la touchait droit au coeur», a confié au Journal Yannick Campagna. 

Travail d’équipe 

 Même s’il est toujours trop tôt pour voir de quelle façon se traduira l’entretien concrètement, les intervenants étaient d’accord pour dire que la situation devrait bientôt changer. Et ces changements doivent passer par un travail d’équipe. 

 «Elle nous a dit qu’on allait travailler ensemble. C’est sûr qu’on souhaite voir des actions, mais on a confiance. Parce que dans tout ça, l’important, ce sont les gens qui ont une problématique de santé mentale. Ultimement, le désir des policiers, c’est de les aider», indique François Lemay, soulignant l’aspect généralisé de la problématique. 

 «On parle aussi des hommes et des femmes derrière l’uniforme qui sont confrontés à cette détresse-là. Il en vient à avoir aussi de la détresse chez les policiers», martèle M. Lemay, rappelant le suicide de trois agents dans la province au cours des derniers jours. 

 De son côté, le cabinet de la ministre a indiqué au Journal ne pas commenter la rencontre, mais a assuré que les préoccupations de l’agent Campagna allaient orienter les réflexions futures quant aux enjeux reliés à la santé mentale. 

 Se tenir debout 

Yannick Campagna avait fait jaser au cours de l’été après avoir dénoncé les fameuses «portes tournantes» en santé mentale. 

Devant le Comité de déontologie policière, il avait admis avoir tenu des propos irrespectueux après avoir vu un infirmier refuser de recevoir un patient souffrant de problèmes de santé mentale à l’urgence. Il avait toutefois profité de l’audience qui lui a valu une journée de suspension pour lever le voile sur la problématique vécue par les agents. 

«Si je vais le porter chez lui et qu’il arrive quelque chose avec cet individu-là, c’est moi qui vais être dans le trouble, et on va engendrer des enquêtes ministérielles. Cette personne-là avait besoin de soins», avait-il à ce moment affirmé. 

La Fédération des policiers municipaux du Québec avait aussitôt appuyé l’agent dans sa démarche, assurant que la problématique n’était pas unique à la ville de Québec. 

«La ministre savait très bien que les préoccupations de M. Campagna se reflètent sur tous les policiers au Québec. Le message qu’on a livré vise chacun des policiers de la province», assure le président de la fédération.