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Un rêve de gamin

William Dandjinou et Maxime Laoun à leur première Coupe du monde à Montréal

William Dandjinou
Photo Alain Bergeron « Le fait de pouvoir représenter mon pays devant ma famille et mes amis à Montréal, c’est une occasion de démontrer que j’ai atteint le niveau que je voulais atteindre et que c’est possible d’y arriver », affirme William Dandjinou (à gauche), qui pose avec Maxime Laoun en prévision de leur première Coupe du monde dans « leur » aréna Maurice-Richard.

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MONTRÉAL | Des centaines d’enfants du Québec partagent le même rêve de patiner à une vitesse folle devant une foule qui hurle. Maxime Laoun et William Dandjinou seront les nouveaux privilégiés à vivre l’expérience en fin de semaine à Montréal.

Il y a quelques années à peine, les deux recrues de l’équipe canadienne de courte piste s’assoyaient avec leurs parents à l’aréna Maurice-Richard pour assister à une Coupe du monde de patinage de vitesse. Cette fois-ci, ce sont eux que les gens viendront voir se frotter aux Sud-Coréens, Russes et autres fusées sur deux lames.

« C’est sûr que c’est un rêve. Ce n’est que ma deuxième Coupe du monde et, en plus, ça se produit sur ma patinoire. Quand on est jeune, on se dit qu’il est toujours plus le fun de voyager et de compétitionner dans d’autres pays, mais le faire à Montréal est incroyable. Même pour un gars comme Charles Hamelin, qui a tellement patiné dans d’autres pays, le faire à Montréal demeure toujours spécial », affirme Laoun, qui a vécu son baptême de la Coupe du monde à Salt Lake City, en fin de semaine dernière.

Incontournable

Dans un Québec reconnu comme l’une des meilleures pouponnières de patineurs de la planète, l’aréna de la rue Viau s’avère incontournable. La Coupe du monde s’y arrête pour la septième fois depuis 2006, la dernière remontant à octobre 2015 avant l’épisode plus prestigieux des championnats du monde en mars 2018.

Les rondes finales des samedi et dimanche après-midi génèrent souvent des risques de surchauffe dans la fournaise. Pour un jeunot de 18 ans comme Dandjinou, même à 6 pi 3 po, des papillons pourraient s’inviter dans ses jambes. La journée du vendredi consacrée aux qualifications, gratuite au public et animée surtout par les cris d’écoliers, permettra d’atténuer le choc.

« L’an dernier, j’ai participé à mes premiers championnats mondiaux juniors qui avaient lieu ici. Ça s’était bien passé et j’avais vécu l’effet de la foule qui crie quand j’effectuais des dépassements. J’ai appris qu’il ne faut pas se laisser impressionner par ça, alors je ne pense pas que ça devrait m’influencer durant mes courses », anticipe le patineur de Verdun, plus jeune de l’équipe canadienne et admissible aux championnats mondiaux juniors de 2020 et 2021.

Dandjinou et Laoun se joignent à l’homme de fer Charles Hamelin et aux réguliers Cédrik Blais, Pascal Dion et Steven Dubois, qu’on verra à Montréal dans une équipe masculine en période de transition à deux ans et trois mois des Jeux olympiques. Ce mélange de nouveauté et de stabilité tombe dans un programme marqué par le congédiement en juin dernier de l’entraîneur Éric Bédard et les retraites de Samuel Girard et Charle Cournoyer.

L’avantage de la maison

Pour un, Maxime Laoun vit chez ses parents à cinq minutes de l’aréna. S’il doit y avoir des retombées à la venue de l’élite internationale à Montréal, il y a peut-être l’avantage pour certains d’être familiers avec les lieux.

« Je connais la glace, c’est mon environnement, je vais pouvoir prendre les repas que je veux parce que je vais aller chez moi et que je n’aurai donc pas besoin d’aller au buffet avec tous les patineurs. Ce sont des facteurs qui vont aider à ma performance. Il reste que je suis vraiment heureux de patiner devant tous ceux qui m’ont soutenu depuis que j’ai commencé le patin », avoue le patineur de 23 ans.

Lâchez les fauves !

Un record mondial qui tombe à point

Kim Boutin a remué la planète du patinage de vitesse avec un record mondial au 500 m, dimanche dernier, et la secousse pourrait se ressentir jusqu’à Montréal une semaine plus tard.

« Je suis contente si ça peut donner une visibilité pour notre sport avec la Coupe du monde ici », nous disait mardi la triple médaillée olympique.

La native de Sherbrooke se pince encore pour réaliser ce qu’elle vient d’accomplir. Sur la glace rapide de Salt Lake City, favorisée par le phénomène de l’altitude et la friction atténuée avec l’air, elle est devenue la première femme à se glisser sous la barrière des 42 secondes avec son chrono historique de 41,936 s.

Cette performance dans l’épreuve quart de finale, souvent épargnée de contraintes tactiques en comparaison à une finale, lui a permis d’éclipser la référence de 42,335 s qui appartenait depuis 2016 à la Britannique Elise Christie. La meneuse de l’équipe canadienne se jure toutefois de ne pas mettre un pied dans le piège que l’euphorie de son record pourrait mettre sur son chemin à Montréal.

« Je sais qu’il y a encore beaucoup de place à l’amélioration pour moi au 500 mètres, surtout au niveau tactique. Je dois apprendre à faire de meilleurs dépassements quand je ne réussis pas à prendre la tête au départ. Je ne dois pas sauter d’étapes. Je ne suis pas rendue une spécialiste du 500 mètres parce que je viens d’améliorer le record du monde. C’est important de revenir sur terre », dit sagement Boutin, qui a remporté à Salt Lake les deux épreuves auxquelles elle a participé (500 m et 1500 m).

Les Canadiennes

Pour cette deuxième étape de la Coupe du monde, l’équipe féminine canadienne se compose également des Québécoises Danaé Blais, Alyson Charles et Claudia Gagnon, ainsi que de Courtney Sarault et Rikki Doak, toutes deux du Nouveau-Brunswick.