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C’est la guerre

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Dans un an, les Américains iront aux urnes pour accorder un second mandat à leur président ou lui montrer la porte. Pour Donald Trump et ses partisans inconditionnels, c’est la guerre.

La guerre, écrivait Clausewitz, est la continuation de la politique par d’autres moyens. L’inverse peut aussi être vrai. Parfois, les deux se confondent.

C’est probablement cette dernière formulation qui prévaudra d’ici au scrutin présidentiel du 3 novembre prochain.

Pour le président Trump et ses partisans inconditionnels, tous les moyens seront bons, tous les coups seront permis et on ne fera pas de concessions.

Tous les moyens

L’affaire ukrainienne illustre éloquemment que, dans cette guerre partisane, la fin – conserver le pouvoir – justifie tous les moyens.

Pour Donald Trump et ses partisans inconditionnels, les démocrates sont une menace existentielle pour les États-Unis. Pour eux, tout est donc subordonné à l’intérêt partisan, y compris les fondements de la politique étrangère du pays. Ainsi, bon nombre de républicains ne voient rien de mal à ce que Donald Trump demande à des pays étrangers de nuire à son adversaire, puisque la victoire de ce dernier est perçue comme la fin du monde.

Il ne faudra donc pas s’étonner si le respect des règles écrites ou non écrites du jeu politique cède le pas à l’intérêt suprême dicté par l’aveuglement partisan.

Tous les coups

Les républicains ne reculeront donc devant rien pour assurer la victoire de Trump. Déjà, les coffres du parti débordent et l’argent coule à flots pour saturer les États clés de publicité et employer une armée de « volontaires » pour faire sortir le vote.

Les républicains qui contrôlent les règles du vote dans plusieurs États clés n’auront de plus aucun scrupule à restreindre l’accès aux urnes à des millions d’électeurs au nom de la lutte à une fraude électorale inexistante.

Dans ces conditions, les démocrates qui se sentiront obligés de jouer fair-play seront comme des combattants unilatéralement désarmés.

Aucune concession

L’état d’esprit du clan Trump dominé par l’impératif de sa survie politique se manifeste entre autres par son refus total de collaborer avec la Chambre des représentants dans le cadre des procédures d’impeachment.

Et on n’a encore rien vu. Au Sénat, le leader républicain aura une large part de contrôle sur les procédures. Si ses partisans ne sont pas secoués par la preuve qui pèsera lourd contre le président, il n’est pas exclu qu’on tripote impunément les règles de procédure à son avantage.

Enfin, on a peut-être eu hier un avant-goût de l’action du président si la victoire lui échappe de peu en novembre prochain. Au Kentucky, le gouverneur républicain sortant, un émule de Trump, refuse toujours de concéder sa défaite apparente d’hier.Même si sa marge de défaite est hors de portée d’un recomptage, Matt Bevin refuse de concéder, alléguant des fraudes électorales qui sont largement le fruit de son imagination.

Plusieurs voient dans cette réaction le présage de ce qui pourrait être le dernier « acte de guerre » de Donald Trump dans des circonstances semblables, ce qui n’augure rien de bon.