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Dessine-moi un... ou une PDG ?

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Pascaline David - 37e AVENUE

 

Seulement 10 % des jeunes Canadiens pensent à une femme lorsqu’on leur demande d’imaginer un PDG, d’après les résultats d’un récent sondage de l’organisme Plan International Canada. Des résultats qui illustrent un décalage entre l’ambition des jeunes femmes et les perceptions liées au genre, puisque que 75 % d’entre elles ont indiqué avoir confiance en leur capacité à diriger.

« Sur le plan organisationnel, les compagnies ayant des PDG ont été conçues et développées par des hommes, et ce depuis des siècles, explique Hanen Khemakhem, professeure et directrice du programme de maîtrise en comptabilité, contrôle et audit de l’UQAM. Ces structures-là ont aussi, pour la plupart, été dirigées par des hommes. » Les répondants ont donc plus souvent été exposés à des images de leaders masculins.

Néanmoins, les jeunes femmes ressentent le besoin de s’identifier à un modèle afin de cheminer dans leurs carrières. Mais ces modèles de cheffes d’entreprise se font rares. Les hommes sont encore largement majoritaires au sommet des organisations et dans les conseils d’administration canadiens. La proportion des nouvelles femmes cheffes de la direction était de 4,9 % seulement en 2018, d’après un rapport de Strategy&, une firme de conseil en stratégie qui suit la relève des PDG des 2500 plus grandes sociétés publiques du monde depuis 19 ans.

« Malgré la croyance assez répandue en l’égalité atteinte au Canada, la progression de ce côté est très lente depuis vingt ans », observe Nancy Aumais, professeure au département de management et technologie de l’UQAM. Le rôle de manager demeure selon elle associé à une norme masculine plus rationnelle et capable de prendre des décisions, même si la recherche a largement déconstruit ces associations.

Persistent également des biais dont nous ne sommes pas conscients. « [Ceux-là] contribuent, en dépit de l’évolution de nos convictions et expériences personnelles, à la persistance de préjugés associés à un sexe ou à l’autre », ajoute Nancy Aumais.

Prêtes à diriger

Les femmes ont tendance à s’interroger davantage sur leur capacité d’accepter un poste ou d’accomplir une fonction, tandis que les hommes vont généralement droit au but, selon Hanen Khemakhem. Elles sont donc davantage portées à chercher la conciliation de certaines valeurs comme le travail et la famille. Il leur faut par conséquent plus de temps et d’informations avant de se lancer. « Dans des organisations bâties par des hommes et où le leadership est assuré généralement par des hommes, ce temps de réflexion peut être interprété comme une hésitation, un manque de capacité, de confiance en soi, même comme un refus du poste », précise-t-elle.

Ces interprétations sont souvent erronées, mais nuisent à l’image des femmes qui aspirent à des positions de dirigeantes. Pour les soutenir et les préparer adéquatement, une étude menée par KPMG a révélé que la formation en leadership, le renforcement de la confiance, la prise de décision et le réseautage constituent les aspects les plus importants.

Plusieurs structures tentent aujourd’hui de répondre à ces besoins, telles la Jeune chambre de commerce des femmes du Québec (JCCFQ), la Fondation canadienne des femmes ou le Réseau des femmes d’affaires du Québec, pour n’en nommer que quelques-unes.