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«Humans»: le corps dans tous ses états

«Humans»: le corps dans tous ses états
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

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MONTRÉAL – De la poésie corporelle. C’est ce que propose le spectacle «Humans», de la compagnie australienne Circa, présenté jusqu’à dimanche à la TOHU, à Montréal. Dix athlètes – quatre filles et six gars à la musculature sculptée au couteau – redéfinissent les limites du corps humain.

En préambule, alors que les spectateurs prennent place dans la salle, les acrobates montent sur scène, chacun leur tour, pour délaisser leurs habits de ville et revêtir leur costume de scène, culottes de couleur et tee-shirts noirs, comme si cette mise à nu était nécessaire pour nous faire comprendre qu’ils restent malgré tout humains. Par contre, on en doutera parfois durant la soirée.

«Humans»: le corps dans tous ses états
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

«Humans»: le corps dans tous ses états
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Combinaisons infinies

En solo, en duo ou à dix, les acrobates explorent les limites physiques de leur corps pendant près de 70 minutes. Qu’ils se projettent sur le sol, se montent les uns sur les autres ou se tordent dans tous les sens, ils semblent vouloir essayer toutes les positions possibles et imaginables jusqu’au point de rupture. Tous ces portés et ces jetés donnent des tableaux tantôt poétiques, tantôt émouvants, tantôt surprenants, mais toujours d’une grâce et d’une élégance qui ne laissent aucune place à la moindre perception d’un quelconque effort.

On est sidéré par la souplesse de certains artistes, femmes comme hommes, qui arrivent à se contorsionner à faire sentir mal les spectateurs. À certains moments, les corps perdent même toute leur essence pour devenir des sortes d’élastiques utilisés dans toutes sortes de combinaisons. Faire un grand écart au sol ou sur les épaules de deux porteurs au sommet d’une tour humaine ne semble pas poser de problème à certains.

De plus, la scène du marionnettiste, durant laquelle une des filles se fait manipuler comme un pantin de bois, est impressionnante, autant pour la maîtrise des mouvements que pour l’abandon que cela suppose.

Leurs tours humaines sont aussi saisissantes, avec des prouesses de légèreté autant que de solidité pour les porteurs. Les combinaisons changent, alternent, surprennent aussi, mais la version d’un homme portant cinq personnes sur ses épaules reste époustouflante et magnifique.

«Humans»: le corps dans tous ses états
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

«Humans»: le corps dans tous ses états
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Mélange renversant

La compagnie Circa, avec Yaron Lifschitz à sa tête, a la réputation de présenter des spectacles originaux, intrépides et sans limites. Les 10 acrobates de «Humans» confortent cette notoriété, alliant une virtuosité et des compétences physiques indéniables, doublées d’un humanisme expressif et de beaucoup d’humour.

La trame sonore, assez éclectique, vient appuyer certains tableaux plus poétiques et se fond complètement dans d’autres numéros.

On sort de ce spectacle complètement renversé par autant de talent et d’inventivité, mais aussi avec la pleine conscience des limites encore plus grandes de nos propres corps.