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La minière québécoise Semafo suspend ses activités à la mine Boungou

Mine Semafo
Photo tirée du site internet de Semafo

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La société minière Semafo a annoncé «la suspension des opérations» à sa mine de Boungou «par respect pour les victimes et leurs proches», au lendemain de l'embuscade contre un convoi qui a fait 38 morts selon un dernier bilan.

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«Nous sommes dévastés par cette attaque sans précédent», a déclaré Benoit Desormeaux, président-directeur général de la Semafo, dans un communiqué.

La mine de Boungou est «la pierre angulaire» de Semafo, qui en tire l'essentiel de sa production, selon M. Desormeaux. Au troisième trimestre, la Semafo, également présente en Côte d'Ivoire, a produit un total de 68 000 onces d'or, dont 55 600 ont été extraites de sa mine de Boungou, en exploitation depuis septembre 2018.

Des attaques meurtrières avaient déjà visé des convois de personnels de cette mine et leurs escortes en août et décembre 2018, faisant 11 morts au total. Depuis août 2018, tous les expatriés travaillant sur le site sont transportés par hélicoptère à partir de la capitale, Ouagadougou.

Deuil national de trois jours

Après l'attaque la plus meurtrière qu'ait connue le pays, un deuil national de trois jours a été décrété au Burkina Faso.

«Je décrète, à compter du 8 novembre à zéro heure, un deuil national de 72 heures», a déclaré le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré dans un message radiodiffusé à la Nation.

«Le bilan provisoire est de 38 morts», a-t-il précisé.

Mercredi soir, le gouverneur de la région de l'Est, le colonel Saidou Sanou, avait fait état d'un bilan provisoire de 37 morts et 60 blessés.

Le président Kaboré a condamné «ces actes ignobles qui (...) visent à semer la psychose au sein de notre peuple et à déstabiliser notre démocratie», et appelé «à la mobilisation générale contre le terrorisme».

Il a annoncé «le recrutement de volontaires pour la défense dans les zones sous menace».

L'attaque, perpétrée mercredi matin par des individus armés non identifiés, a visé un convoi de cinq autobus transportant des travailleurs de la mine d'or de Boungou, exploitée par la société canadienne Semafo, à 40 km de la mine.

Les cinq bus transportaient du personnel, des entrepreneurs et des fournisseurs liés à la compagnie minière, et ils étaient escortés par des militaires.

Il s'agit de l'action la plus meurtrière enregistrée dans le pays depuis le début des violences jihadistes il y a près de cinq ans.