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L’ex-maire déchu de L’Assomption aurait coûté 4,2 M$ à la Ville

C’est ce que la Couronne a avancé jeudi lors des observations sur la peine

L’ex-maire de L’Assomption, Jean-Claude Gingras.
Photo d'archives, Martin Alarie L’ex-maire de L’Assomption, Jean-Claude Gingras.

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JOLIETTE | Griefs policiers, filature d’une greffière, litiges judiciaires divers : les dépenses reliées au style de gestion de l’ex-maire de L’Assomption auraient coûté plus de 4 millions $ à la Ville.

C’est ce qu’a avancé la Couronne jeudi lors de la première journée des observations sur la peine de Jean-Claude Gingras, au palais de justice de Joliette.

L’homme de 55 ans a été reconnu coupable, le 10 octobre dernier, d’entrave à la justice, d’intimidation à l’égard d’une personne associée au système judiciaire et d’abus de confiance, à la conclusion d’un procès devant jury.

Longue liste

La Couronne a présenté jeudi un document de 19 pages listant des dépenses totalisant 4 237 037 $ encourues par l’ex-maire, après son élection, en 2013.

Celles-ci seraient liées à des décisions ou des événements controversés du règne houleux de Gingras, qui a duré environ deux ans.

Ce montant comprend, entre autres, des frais juridiques de 2 356 647 $, des rémunérations versées aux employés en maladie, congédiés ou suspendus sans motifs et réintégrés (1 282 123 $) et des rémunérations payées à des employés remplaçants (276 986 $).

« On voyait les factures s’accumuler, nos frais juridiques ont complètement explosé par rapport au passé », a raconté jeudi Dominique Valiquette, trésorier de la Ville de l’Assomption de 2008 à 2019.

Parmi les autres factures présentées : 589 $ pour un grief policier d’atteinte à la réputation et 15 000 $ pour un règlement à l’amiable concernant la filature de la greffière de l’époque, ordonnée par le maire déchu.

La Ville a également loué une salle au Super 8 de Lachenaie au coût de 592 $ pour qu’une quinzaine d’employés puissent rencontrer un psychologue du travail, en juin 2015.

« Il s’était formé des clans, il y avait de l’hostilité entre les employés, a ajouté M. Valiquette pour justifier cette dépense. Et on ne voulait pas que ça se fasse sur les lieux du travail. »

« Pas une cenne dans ses poches »

Me Robert Bellefeuille, l’avocat de Jean-Claude Gingras, a tenu à rappeler jeudi au juge de la Cour supérieure Mario Longpré que son client n’avait tiré aucun bénéfice personnel de ces dépenses.

« Quatre millions $, c’est un montant énorme pour quelqu’un qui n’a pas mis une cenne dans ses poches », a insisté le criminaliste.


♦ Les audiences se poursuivront le 26 novembre prochain.