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Revoir la vie en couleur grâce aux greffes de cornée

Réjean Vézina, receveur de greffes de cornée.
PHOTO D'ARCHIVES BENOIT GARIEPY Réjean Vézina, receveur de greffes de cornée.

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Imaginez perdre tous vos repères en très peu de temps, car votre vue diminue très rapidement. Imaginez percevoir à peine la lumière du jour.  

C'est pratiquement ce qu'a vécu Réjean Vézina, dans les années 90. Les médecins lui ont diagnostiqué un kératocône, une maladie de l'œil qui touche la cornée.  

«Quand je me déplaçais dans la maison, je devais me tenir après les tables [...] (Lorsque je regardais la télévision), c'était une tâche. Je voyais bouger quelque chose, mais je ne voyais pas d'êtres humains», raconte-t-il.  

Il distinguait à peine les formes en raison de sa cornée qui se dégradait considérablement. Même en portant des lunettes, il ne pouvait pas voir ses propres enfants. C'est une greffe qui lui a permis de les voir vieillir. Il a subi trois opérations en près de 20 ans pour soigner ses yeux.  

«Ça a complètement sauvé ma vie. Je ne serais pas mort de ça, mais ça a sauvé ma qualité de vie énormément. C'est pour ça que chaque matin, je me lève», explique Réjean Vézina.  

«Je pense aux trois personnes qui un jour, se sont levées, et ont signé leur carte [de consentement au don d'organes]. Pour moi, ce sont trois personnes que je ne connais pas et qui ont sauvé ma vie.»  

Un don, deux personnes sauvées  

Une personne qui donne ses yeux peut sauver la vue d'au moins deux patients, avec les autres usages possibles de l'œil. Chaque année au CHU de Québec, 400 greffes sont réalisées, dont la moitié touche la cornée.  

«On en voit tous les jours dans une clinique, et on voit des personnes de tous âges: des enfants, des bébés aussi qui peuvent retrouver la vue grâce à la greffe de cornée», a expliqué la Dre Patricia Ann Laughrea, qui est ophtalmologiste au CHU de Québec.  

«Les chirurgies se passent très bien. On ne sent presque rien», a décrit M. Vézina, aujourd'hui âgé de 62 ans. «La guérison se fait somme toute assez bien, mais c'est long avant de retrouver l'équilibre dans ma vision. Donc, ça prend beaucoup de visites médicales».  

Avec les avancées technologiques, le risque de rejet chez les patients a diminué de près de moitié au cours des 10 dernières années.  

«J’apprécie les petites choses, parce que je sais dans quoi j'ai baigné. Je ne voyais pas clair et j'ai toujours un risque de rejet, donc j'en profite pleinement! Ce matin, je regardais les feuilles tomber, j'ai pris trois minutes pour apprécier les beaux moments de couleur.»  

Réjean Vézina s'est donné comme mission de faire connaître les dons d'organes.