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Burkina Faso: que fait Ottawa pour libérer Édith Blais?

Burkina Faso: que fait Ottawa pour libérer Édith Blais?
PHOTO D'ARCHIVES, AFP

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Une embuscade contre des employés d’une société minière montréalaise au Burkina Faso a fait parmi eux plus de 37 morts et 60 blessés. C’est l’attaque la plus meurtrière dans ce pays qui subit depuis cinq ans la montée en puissance du djihadisme. En 2016, six Québécois qui participaient à un projet humanitaire ont été tués dans un attentat terroriste à Ouagadougou, la capitale. Depuis, la ville été frappée à trois autres reprises pour un bilan de près de 60 morts. La dernière attaque, en mars 2018, a dévasté l'état-major général des armées, en plein centre-ville. 

Ces actes de barbarie djihadistes me donnent l’occasion de rappeler le cas d’Édith Blais, une Sherbrookoise de 34 ans enlevée en décembre 2017 avec son compagnon italien dans l’ouest du pays, qu’ils traversaient en voiture. Ça va donc faire deux ans qu’elle est disparue sans laisser de traces. Que fait le Canada pour la retrouver et la libérer? 

C’est un secret d’État. Les porte-parole d’Affaires mondiales, comme ceux du gouvernement burkinabé, se contentent de dire des généralités et de parler par litotes. Ottawa recommande aux Canadiens d’éviter les voyages non essentiels au Burkina Faso. «On prend cette situation au sérieux, c’est clair. Il faut être prudent.» Ah, bon! «On suit la situation de près.» J’espère bien! On chuchote que des pistes intéressantes sont explorées, mais qu’on ne doit pas donner de faux espoirs aux familles. 

Je connais la région pour m’être rendu en reportage au Mali, au Burkina Faso et au Niger alors que j’étais correspondant à Paris. J’ai fait les 350 km de route entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, route le long de laquelle Blais semble avoir disparu. Les trois anciennes colonies françaises étaient alors menacées par la sécheresse. À l’avance du désert s’ajoute l’essor du djihadisme, le terrorisme et les changements climatiques qui menacent maintenant le Sahel

Comme dans d’autres situations semblables, les ravisseurs de Blais se sont sans doute repliés au Mali avec leurs otages. 

Des négociations secrètes sont-elles engagées par l’entremise du gouvernement burkinabé? Planifie-t-on le versement d’une rançon? Ottawa ne veut pas commenter ces informations.    

Édith Blais n’est pas la première Canadienne à être enlevée par des djihadistes. En décembre 2008, le groupe salafiste al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) avait capturé deux diplomates canadiens au Niger, Robert Fowler et Louis Guay. Ils ont été libérés après quatre mois de détention. 

Le premier ministre Harper avait nié avoir payé une rançon pour leur libération. Questionné à ce sujet, Harper s’était défilé en déclarant qu’il ne pouvait pas parler pour le Mali ou le Burkina Faso, les deux pays qui avaient mené les négociations avec les djihadistes. 

Des documents d'al-Qaïda trouvés dans un bâtiment abandonné au Mali et obtenus par l’Associated Press indiquent que le groupe a reçu 1,1 million de dollars en échange des deux diplomates canadiens. D’ailleurs, une note du département d’État rendue publique par la fameuse fuite WikiLeaks révélait que Washington avait été avisé qu'une rançon avait été payée.  

Si tout se passe bien, voilà le genre de dénouement qu’on peut espérer pour Édith Blais.