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Chute du Mur: Merkel exhorte l’Europe à défendre ses valeurs

Chute du Mur: Merkel exhorte l’Europe à défendre ses valeurs
AFP

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Angela Merkel a exhorté l’Europe à défendre ses valeurs fondamentales comme « la démocratie et la liberté » face aux contestations grandissantes, samedi à l’occasion du 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin qui avait mis fin au Rideau de fer sur le Vieux continent.

« Les valeurs qui fondent l’Europe, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’État de droit et la préservation des droits de l’Homme ne vont pas de soi » et « doivent toujours être défendues », a assuré la chancelière allemande dans la chapelle de la Réconciliation, un des lieux de mémoire de la division de la ville qui dura du 13 août 1961 au 9 novembre 1989.

Elle a aussi déposé une rose et une bougie au pied de restes du Mur sur la Bernauerstrasse, théâtre de drames lors la construction du Mur: les habitations se trouvaient du côté est de la ville et la chaussée côté ouest.

« À l’avenir il convient de s’engager » pour défendre ces valeurs, a ajouté la chancelière, alors que le modèle de démocratie libérale est de plus en plus mis en cause dans le monde.

Certains pays d’Europe de l’Est comme la Hongrie ou la Pologne, pourtant pionniers dans la contestation de la dictature communiste dans les années 1980, se voient aujourd’hui accusés par l’Union européenne de ne pas respecter pleinement les règles de l’État de droit.

Tensions internationales

Partout, la tentation du nationalisme est perceptible dans les opinions.

Le président français, Emmanuel Macron, qui se rendra dimanche soir à Berlin, a fait écho aux propos de la chancelière allemande en rendant hommage aux manifestants est-allemands de l’automne 1989 qui ont fait tomber le mur.

« Soyons à la hauteur de leur courage et digne de leur promesse », a-t-il plaidé dans un message en français et en allemand sur Twitter.

« La démocratie libérale est contestée et remise en question », a également jugé le chef de l’État allemand, Frank-Walter Steinmeier, dans une allocution en présence des présidents de Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie, quatre pays ayant jadis préparé le terrain à la chute du Rideau de fer.

Sur une note plus joyeuse, des partisans du club berlinois de football berlinois Hertha ont symboliquement abattu un « Mur » de carton dressé sur la pelouse avant le coup d’envoi d’une rencontre de championnat face à Leipzig. 

Parmi les badauds à Berlin, un violoncelliste français s’est aussi mis à jouer samedi devant une portion de Mur, en souvenir du récital improvisé en novembre 1989 par le maestro Mstislav Rostropovitch dans la ville, une scène devenue iconique.

Les images des Allemands, exultant de joie et tombant dans les bras les uns des autres avaient fait le tour du monde il y a trente ans.

Les coups de pioche dans cet édifice de béton de plus de 150 km de long ont marqué la fin d’un monde coupé en deux durant la Guerre froide et fait à l’époque espérer une longue ère de détente et d’unité. 

Ces espoirs se sont aujourd’hui dissipés, avec un parfum de résurgence de la Guerre froide entre Occidentaux d’une part, Russie et Chinois de l’autre.

Vendredi à Berlin, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a enjoint à « prendre conscience que nous sommes dans une compétition de valeurs avec les nations non-libres », montrant du doigt tout particulièrement la Chine et la Russie.

OTAN

Même entre les anciens alliés à l’Ouest, les sujets de friction se multiplient. Emmanuel Macron a jeté un pavé dans la mare diplomatique en diagnostiquant que l’OTAN était « en état de mort cérébrale ».

Abandonnant son habituel ton policé, Angela Merkel, depuis toujours très atlantiste, a assuré ne pas partager la vision « radicale » de M. Macron.

Sur le plan intérieur aussi, l’Allemagne est loin d’afficher le même optimisme qu’il y a 30 ans. 

La fracture politique et économique entre l’Est et l’Ouest du pays, plus riche, reste d’une brûlante actualité, en particulier avec le succès de l’extrême droite de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans l’ex-RDA communiste, où de nombreux habitants se sentent traités comme des citoyens de seconde classe.