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Jolin-Barrette sous surveillance

Periode des questions
Photo Simon Clark Le ministre a renforcé une tenace impression d’incompétence dans ce domaine.

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La froideur et le manque de rigueur du ministre Simon Jolin-Barrette en immigration risquent d’affecter la perception favorable des Québécois à l’égard du gouvernement caquiste. L’argent retourné aux familles devait être le fait saillant de la semaine, mais le jeune pilier a erré tant sur le fond que sur la forme, et c’est l’échec de sa réforme sur les étudiants étrangers qui a pris toute la place.

Le dossier de l’immigration devient le talon d’Achille officiel de la CAQ. Le ministre a renforcé une tenace impression d’incompétence dans ce domaine. Déjà, en campagne électorale, le chef François Legault confondait les mécanismes du système d’immigration prévus au Québec et au Canada, alors que la réduction du nombre d’immigrants faisait partie de ses priorités.

Une fois au gouvernement, Simon Jolin-Barrette a trébuché une première fois sur la délicate question en annulant 18 000 dossiers d’immigrants qui n’étaient pas encore traités, sans savoir combien d’entre eux étaient déjà installés chez nous.

Il avait qualifié le recours juridique à ce sujet de « saugrenu », mais la Cour supérieure lui a donné tort et a ordonné la reprise du traitement. 

Psychodrame

Cette semaine, sa modification du Programme de l’expérience québécoise pour exclure certains étudiants étrangers a tourné au psychodrame.

Comment le ministre a-t-il pu penser qu’il pouvait tout bonnement briser le contrat moral liant le gouvernement à ces jeunes venus faire leur vie au Québec ? C’était insensé et insensible.

Le voir défendre bec et ongles sa décision, sans broncher, alors que des étudiants affectés pleuraient dans les tribunes du Salon bleu était surréaliste. Je ne me rappelle pas avoir déjà senti un tel malaise à l’Assemblée nationale. Il a même refusé de les rencontrer à la sortie des travaux parlementaires.

Des élus caquistes ne l’ont pas trouvé drôle. « Ç’a été tough », a résumé l’un d’eux, après la pire journée du gouvernement depuis l’élection.

Lors du caucus, en soirée, plusieurs ont demandé des éclaircissements. Notamment des élus qui s’étaient fait interpeller par des établissements d’enseignement de leur comté, en région.

« Le monde avait des questions, là, comment on doit comprendre ça ? » a confié un membre du caucus.

« Il y a une grande confiance et une solidarité qui a été exprimée à l’endroit de Simon et de M. Legault, mais on n’était pas rassurés », a ajouté un autre. Ce n’est qu’au petit matin mercredi que les députés ont reçu un courriel leur annonçant le recul partiel du gouvernement.

S’enfoncer

Le ministre a néanmoins continué de s’enfoncer. D’abord, en jetant son patron comme une vieille chaussette. « C’est moi qui ai annoncé au premier ministre ma décision de mettre en place une clause de droit acquis », a-t-il asséné. Le chef, François Legault a pourtant affirmé qu’ils avaient pris la décision ensemble.

Puis, hier, Le Journal a révélé que la liste des formations à privilégier pour l’accueil d’étudiants étrangers, que Jolin-Barrette disait être basée sur les besoins de main-d’œuvre les plus urgents au Québec, datait de deux ans.

Même si, publiquement, François Legault défendait encore cette liste en journée, son bureau se préparait au même moment à battre en retraite et suspendre la réforme.

L’entourage du premier ministre ne s’explique pas pourquoi le ministère de l’Immigration était incapable de lui fournir des explications fiables sur cette liste encore hier matin.

Certains auront des comptes à rendre. Et ultimement, le ministre est responsable.

Les libéraux demandent que Simon Jolin-Barrette soit remplacé à l’Immigration. Celui qui a bien défendu la loi sur la laïcité, qui est aussi leader du gouvernement et responsable de la langue en a beaucoup sur les bras...

Les bulletins

François Legault, CAQ

Periode des questions
Photo Simon Clark

Le premier ministre a défendu ardemment les changements apportés au programme touchant les étudiants étrangers avant de reculer partiellement mercredi, puis complètement hier, en soirée. Plus tôt dans la journée, il minimisait le fait que la liste des formations à privilégier pour répondre au marché du travail datait de deux ans. Un échec total... 

Ruba Ghazal et Catherine Dorion, QS

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Photos Simon Clark

On se demande qui a convaincu la députée de Mercier de consacrer temps et énergie à produire une vidéo parodiant une infopub tournant en dérision le projet de loi sur les tarifs d’Hydro. On a déjà vu des missions plus essentielles. Quant au chandail kangourou au Salon bleu, l’élue de Taschereau sait sûrement que c’est une distraction inutile...

Nicole Ménard, PLQ

Periode des questions
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Des élues n’ont pas apprécié que la solidaire Catherine Dorion se soit déguisée en « costume de députée » pour se moquer, à l’Halloween. Mais demander une enquête de la commissaire à l’éthique pour ça ? Ce mandat loufoque, réclamé par la libérale de Laporte, serait une totale perte de temps. Et venant du PLQ, en plus...

André Fortin, PLQ

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On pourrait sauver des vies si le consentement des Québécois au don d’organe était présumé. Ceux qui ne veulent pas n’auraient qu’à se désinscrire du registre. Le député de Pontiac a déposé un projet de loi en ce sens que la ministre de la Santé, Danielle McCann, évalue avec intérêt.

En vrac

Oups !

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Le whip adjoint de la CAQ, Sylvain Lévesque, a appris à la dure. Par sa faute, il n’y avait que trois caquistes en chambre mercredi et le gouvernement n’a pu battre la motion du PLQ demandant le retrait des modifications au programme sur les étudiants étrangers.

Pas d’appui pour l’autisme, vraiment ?

Periode des questions
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La libérale Jennifer Maccarone, mère de deux enfants autistes, a proposé la tenue d’une commission parlementaire sur les services aux personnes autistes qui atteignent la majorité. La CAQ a refusé...