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Les nombreux visages de la maladie mentale

Alain Labonté Florence Meney
photo courtoisie

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Rappelant qu’au moins une personne sur cinq rencontrera dans sa vie un problème de santé mentale, à degrés divers et sous des formes variées, Florence Meney et Alain Labonté s’y sont intéressés de près dans leur nouveau livre, Ma tête, mon amie, mon ennemie. Porteur d’espoir, leur ouvrage présente des témoignages de patients et des spécialistes qui les traitent.

Les auteurs, intéressés par le sujet, proposent donc 12 portraits qui exposent les différentes facettes de la maladie mentale. Alain Labonté, un auteur dont la mère a été traitée avec des électrochocs et qui a partagé son témoignage dans Une âme et sa quincaillerie, en 2015, en parle avec le Dr David Bloom, qui fait partie de l’équipe du service de sismothérapie au Douglas.

Il a aussi recueilli les confidences de Michel, un homme schizoïde et de Marie Isabelle, une personne trans aux prises avec des troubles anxieux et de la dépendance.

Dans le livre, Florence Meney livre le témoignage troublant d’une jeune femme, Camille, qui ne pesait plus que 65 livres lorsqu’elle a été admise à l’Institut Douglas en raison de ses troubles de l’alimentation. On en apprend aussi davantage sur la Banque de cerveaux Douglas-Bell Canada, grâce à son entretien avec le Dr Naguib Mechawar, chercheur en neurosciences.

Ma tête mon amie 
mon ennemie.
Florence Meney 
et Alain Labonté. 
Édition Trécarré.
160 pages
Photo courtoisie, Éditions Trécarré
Ma tête mon amie mon ennemie. Florence Meney et Alain Labonté. Édition Trécarré. 160 pages

En parler

Alain Labonté et Florence Meney considèrent qu’il est primordial de parler des différences facettes de la maladie mentale et rappellent que la santé mentale concerne tout le monde. « On voulait vraiment mettre en lumière la beauté, la richesse, les forces des individus et aussi des chercheurs en santé mentale, au Québec. Quand on parle de santé mentale, c’est des histoires d’horreur : on n’a pas d’argent, on est triste, ça va mal, tel institut a tel problème », commente Florence Meney, en entrevue.

« Et nous, on sait très bien qu’il y a des choses incroyables qui se font, qu’il y a des individus qui ne se traînent pas les pieds et qui marchent, malgré les défis », a-t-elle pu constater, ayant elle-même travaillé à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. « J’ai été en contact avec des gens, tant des soignants, des chercheurs, que des patients multi-hypothéqués, avec un passé difficile, des dépendances, des problèmes de santé mentale et qui finalement réussissent à mener non seulement une vie potable, mais à être créatifs et inspirants. »

Une expertise reconnue

Elle rappelle également qu’il y a une excellence, en recherche, dans le domaine de la santé mentale, au Québec, qui est à son avis très peu mise en lumière. Elle explique que le Québec est un incubateur méconnu de progrès en neurosciences.

« Les gens savent-ils qu’on a une Banque de cerveaux à l’Institut Douglas, qui fournit des échantillons de cerveau minuscules à des savants du monde entier, qui se penchent sur l’Alzheimer, sur la schizophrénie, sur la dépression et sur toutes sortes de maladies ? C’est un pôle d’attraction intellectuel pour des grands chercheurs de France, de l’Inde. Je pense que les gens ne le savent pas. Ces savants, je le sais très bien, pour avoir parlé à plusieurs d’entre eux, se battent pour avoir les miettes dans les subventions. »

À son avis, c’est une situation critique. « Quand on sait le poids que les problèmes de santé mentale font peser dans la société, ce n’est pas possible d’accepter ça. »

♦ Florence Meney a publié quatre romans et un recueil de nouvelles.

♦ Il a publié en 2015 Une âme et sa quincaillerie, un best-seller qui parle des traitements par électrochocs.