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Les Québécois plumés par le fisc

Perquisitions par la Sûreté du Québec
Photo d'archives

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Au cours de la période de 2010 à 2017, le revenu moyen des ménages québécois a augmenté de 9,4 %, passant de 71 600 $ à 78 300 $.

De combien la facture moyenne des impôts sur le revenu a-t-elle grimpé durant cette même période ? Elle a bondi de 32,2 %, soit de 10 130 $ à 13 388 $. On parle d’une hausse d’impôts 3,4 fois plus élevée que celle du revenu moyen.

Il n’est donc pas étonnant de constater que les impôts sur le revenu versés par les contribuables québécois à Québec et à Ottawa grugent une part de plus en plus grande de leur budget.

Selon les plus récentes données de Statistique Québec, les impôts sur le revenu représentaient en 2017 quelque 18,3 % des dépenses moyennes des ménages québécois.

Ce n’est rien de moins que deux points de pourcentage de plus qu’en 2010, où la portion des impôts sur le revenu des particuliers accaparait 16,3 % des dépenses.

Pour « apprécier » à sa juste valeur cette ponction de 18,3 % des impôts sur le revenu, sachez que c’est la deuxième plus grosse dépense des ménages québécois. Elle n’est devancée faiblement que par le logement, celui-ci grugeant 19,8 % de l’ensemble des dépenses moyennes.

À titre de comparaison, notez que la part du « transport » dans les dépenses moyennes des ménages s’élève à 13,9 %, la part des dépenses alimentaires à 10,6 %, celle des vêtements à 4 %, même chose pour les soins de santé.

VANTARDISE GOUVERNEMENTALE

Chaque année, les gouvernements de Québec et d’Ottawa se vantent de réduire notre fardeau fiscal en introduisant une panoplie de mesures fiscales. Il est évident que certains groupes de contribuables bien ciblés en bénéficient.

Mais force est de constater qu’à la lumière des données de Statistique Québec, l’ensemble des ménages a de quoi s’interroger sur l’impact des nombreuses mesures fiscales qui devaient améliorer leur sort... fiscal.

Si notre revenu augmente, il est normal que notre facture fiscale grimpe, elle aussi.

Le problème ? C’est de subir une hausse de la facture des impôts qui dépasse nettement l’augmentation de notre revenu. Le déséquilibre s’explique­­­ notamment par la progression des tables d’imposition en fonction du revenu.

Autre élément déterminant : l’accessibilité­­­ ou pas à la panoplie de crédits d’impôt en fonction de notre statut fiscal (personne vivant seule, en couple avec enfants ou pas, plus de 65 ans ou non, famille monoparentale, etc.).

TYPES DE MÉNAGE

Le revenu moyen des « ménages d’une personne » a progressé de 2010 à 2017 de quelque 9,9 %. Sa facture d’impôts ? En me basant sur les données de Statistique Québec pour la même période, ce ménage type a vu sa facture d’impôts augmenter de 28,3 %.

Pour sa part, le « couple sans enfants » a subi une hausse de la facture d’impôts de 56,3 % alors que son revenu moyen grimpait de seulement 8,8 %.

Les ménages de « couples avec enfants » ont bénéficié d’une hausse de revenu moyen de 10,2 % lors des sept années en question. Bien que ce type de ménage ait profité d’un grand nombre de mesures fiscales, il a quand même subi une hausse fiscale de 18 %.

Les 65 ans et plus n’apprécieront guère découvrir que le fisc les presse comme des citrons. Pendant que leurs revenus grimpaient de 14,2 %, le fisc haussait sa ponction de 49 %.

Le pire cas ? Pendant que le revenu moyen des « familles monoparentales » augmentait de 29 %, Québec et Ottawa les attendaient au détour avec une explosion de ponctions fiscales de 100 % sur sept ans.