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Congédiement de Don Cherry: des controverses dont les gens se souviendront

Don Cherry
Photo d'archives, Agence QMI Don Cherry

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Réputé pour ses opinions tranchées et ses habits colorés, l’analyste Don Cherry a été impliqué dans plusieurs controverses dont on se remémorera longtemps en ce jour du Souvenir, journée où il a été démis de ses fonctions.

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Sa position sur les immigrants lors de son segment à l’émission Hockey Night in Canada, samedi, est la goutte qui a fait déborder le vase, mais en près de 40 ans de carrière, Cherry n’a pas eu peur de donner son opinion sur plusieurs sujets sur et hors-glace.

Commentaires sur les Québécois et les Européens

«French guys», ce sont les termes utilisés par Cherry pour parler des francophones tout au long de sa carrière. Il suffit de rappeler la saga entre Eric Lindros et les Nordiques de Québec. «Vous ne voulez pas parler en anglais, vous ne voulez pas d’universités anglaises, avait dit l’analyste lors de son segment en 1991. Pourquoi croyez-vous qu’un jeune homme de 18 ans de l’Ontario ne veut pas jouer là-bas? Il a peur.»

Cherry s’en est aussi pris au skieur québécois Jean-Luc Brassard pendant les Jeux olympiques de Nagano en 1998. «Ils [les Canadiens de langue française] n’aiment pas le drapeau canadien. C’est drôle qu’ils ne veuillent pas du drapeau, mais ils veulent notre argent, avait-il dit. Et on choisit un skieur que personne ne connaît», en référence à Brassard, sélectionné pour porter le drapeau canadien.

Toutefois, s’il y a une raison pour laquelle certains Québécois pourraient apprécier Cherry, c’est son opinion favorable quant au retour des Nordiques à Québec. En mai 2018, le commissaire de la Ligue nationale (LNH), Gary Bettman, a eu droit à son opinion en ce sens. «Il n’y a jamais eu de rivalité semblable à celle de Québec et Montréal dans la LNH ou dans n’importe quel sport, avait-il affirmé lors de la finale de la Coupe Stanley à Vegas. Ils se sont bien comportés. Ils n’ont pas dit un mot et ils ont un tout nouvel aréna.»

Cherry a aussi critiqué les joueurs provenant de l’autre côté de l’Atlantique à plusieurs reprises, traitant entre autres les Russes de tricheurs, en plus de se prononcer contre la présence de joueurs européens dans la Ligue canadienne de hockey (LCH). Selon lui, ceux-ci empêchent des patineurs canadiens d’avoir une place dans une formation. Enfin, il a été dur à l’endroit des Québécois et des Européens portant la visière, les traitant de mauviettes.

Montées de lait contre les visages connus du sport

Plusieurs joueurs, entraîneurs et directeurs généraux peuvent mentionner avoir fait les frais d’une colère de Cherry. Les meilleurs joueurs d’aujourd’hui comme Sidney Crosby et Alexander Ovechkin n’ont pas été épargnés par l’homme de 85 ans. Il avait même insulté un entraineur-adjoint des Jets de Winnipeg en 1989, Alpo Suhonen, en demandant si son nom ne représentait pas une marque de nourriture pour chiens.

Rarement dans sa carrière, l’illustre analyste s’est excusé de ses propos. L’une d’entre elles est survenue en 2011. Après la mort de trois anciens bagarreurs de la LNH, soit Derek Boogard, Rick Rypien et Wade Belak, d’autres hommes forts ont expliqué que les bagarres étaient la cause des problèmes dont ils souffraient aujourd’hui. L’ancien entraineur-chef des Bruins avait isolé Stu Grimson, Chris Nilan et Jim Thomson, déclarant : «la raison qu’ils prennent de la drogue et qu’ils deviennent alcooliques, ce sont les batailles? Bande d’hypocrites.» Il allait ensuite admettre ses torts. «Je me suis trompé sur plusieurs points. J’ai pris trois bagarreurs, mon genre de joueurs et je les ai poignardés dans le dos.»

Certains ont capitalisé sur ses crises. La saison dernière, les Hurricanes de la Caroline avaient profité des insultes de l’analyste - qui les avait traités de «Bunch of Jerks» [bande d’imbéciles] - pour réaliser un coup de marketing en célébrant régulièrement de manière atypique après leurs victoires à domicile.

Des opinions non reliées au hockey

Cherry ne s’est pas seulement attiré les foudres des spectateurs pour avoir critiqué leur équipe ou leur joueur favori. L’analyste a souvent abordé des enjeux de société de manière peu délicate.

En 2013, il s’était notamment prononcé contre les femmes journalistes dans le monde du sport, mentionnant qu’elles ne devraient pas être admises dans le vestiaire des joueurs, puisque certains d’entre eux se promènent nus.

L’homme canadien s’est aussi insurgé de voir des gens militer pour les changements climatiques. Selon lui, le réchauffement climatique n’est pas réel. En 2018, il s’était exprimé sur le sujet en disant «qu’il faisait froid à mourir à Toronto».

Enfin, l’ex-entraîneur aux tenues flamboyantes s’en est souvent pris à quelques communautés au cours de sa carrière. Par exemple, il avait traité son collègue Ron MacLean de barbare une fois parce qu’il avait goûté à un hamburger au phoque lors d’un passage à St. John’s. Les communautés autochtones s’étaient insurgées à la suite de ces commentaires en 2015.