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Animation: la firme de Québec 10e Ave veut rivaliser avec les Américains

Fort de ses 22 ans d’expérience en animation, Yann Tremblay veille à la confection des personnages de Félix et le trésor de Morgäa.
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Fort de ses 22 ans d’expérience en animation, Yann Tremblay veille à la confection des personnages de Félix et le trésor de Morgäa.

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Les budgets ne sont pas plus élevés mais les ambitions, elles, le sont. Pour son quatrième long métrage d’animation, Félix et le trésor de Morgäa, la firme de Québec 10e Ave veut offrir un produit qui se rapproche de la qualité des films américains.

Devant ses écrans, où se dévoilent les différentes expressions faciales de l’attachant jeune héros à l’air espiègle de ce film créé à Québec et à Montréal, le directeur d’animation Yann Tremblay annonce ses couleurs. Celui qui a aussi participé à la création des films de 10e Ave Le coq de St-Victor et Nelly et Simon : Mission Yéti, parle d’un résultat à l’écran qui sera «dix fois, vingt fois» supérieur.

«Comme La course des tuques ou Ballerina, cite-t-il en guise d’exemple. La qualité de l’animation est plus poussée que tous nos autres projets, plus proche de ce qui se fait à Hollywood.»

Talent

Comment y arriver avec un budget oscillant entre 8 et 9 millions de dollars, très loin des sommes faramineuses à la disposition des studios d’animation américains?

«Talent, expérience, procédures», énumère, tel un mantra, la productrice Nancy Florence Savard.

Depuis maintenant plus d’un an, une vingtaine d’artistes œuvrant sous la bannière 10e Ave Animation mettent au monde, dans des bureaux situés sur la Grande Allée, à Québec, les personnages de ce film d’aventures qui devrait atterrir sur les écrans d’ici la fin de 2020.

«L’animation est complétée à 50 %», indique Mme Savard.

Si le projet est né dans la capitale, une partie du travail est effectuée à Montréal, chez nGenious, qui possède une expertise qui n’est pas encore à la portée du studio de 10e Ave. «Ils font les effets spéciaux, la création des décors et de l’environnement de même que l’éclairage et la composition des images», dit la productrice.

Franchise

Le héros du film, Félix, âgé de 12 ans. Il va retrouver son papa, qui avait disparu sur une île.  
Image courtoisie, 10e AVE.
Le héros du film, Félix, âgé de 12 ans. Il va retrouver son papa, qui avait disparu sur une île.  

Contrairement aux héros précédents créés par 10e Ave, Félix deviendra une franchise. Après l’avoir envoyé à la recherche de son père disparu sur une île dans le premier volet, le scénariste Marc Robitaille (Un été sans point ni coup sûr) et le réalisateur Nicola Lemay veulent ensuite lui faire visiter les mines de l’Abitibi, révèle Nancy Florence Savard.

Avant de se rendre là, par contre, la productrice devra boucler le financement de la première aventure. Il lui manque encore une somme de 500 000 $ qu’elle compte dénicher au Festival de Berlin, cet hiver.

«Nous allons faire une très grosse offensive pour prévendre le film. C’est possible d’aller chercher le demi-million manquant. On l’a déjà fait pour d’autres films.»

En quête de financement plus adapté

Avec 12 projets d’animation en chantier, 10e Ave cherche à s’assurer un financement récurrent qui lui permettra de garder à Québec une main-d’œuvre que convoitent aussi les studios étrangers installés à Montréal.

«Il faut trouver une forme de financement spécifique pour le monde de l’animation au Québec», clame Nancy Florence Savard, qui affirme ne plus pouvoir se fier aux modèles traditionnels de financement du cinéma.

Elle compare la confection d’un film d’animation à une chaîne de montage automobile, où les étapes de production se suivent les unes après les autres. Tout le contraire des films en prises de vue réelles, financés à la pièce par la SODEC et Téléfilm Canada.

Un financement adapté et stable, argumente-t-elle, lui permettrait de retenir des artistes en animation fortement sollicités par les studios européens et américains établis à Montréal. Déjà, pour Félix et le trésor de Morgäa, elle a réussi à ramener à Québec des chefs d’équipe qui étaient partis pour Montréal après Nelly et Simon : Mission Yéti, faute de boulot dans la capitale. Elle espère aussi garder les jeunes diplômés du baccalauréat en art et science de l’animation de l’Université Laval qui se sont joints à 10e Ave Animation.

«On prépare un projet de coproduction minoritaire, Ma fée espiègle, avec le Luxembourg et l’Allemagne. Nous aimerions le démarrer après Félix afin de garder notre équipe», dit Mme Savard.

Mission Yéti en France

Pendant que Nancy Florence Savard travaille sur le futur, Nelly et Simon : Mission Yéti, aura droit à une sortie en salles, en France, le 29 janvier. Lancé le 23 février 2018 au Québec, le film mettant en vedette les voix de Guillaume Lemay-Thivierge, Sylvie Moreau et Rachid Badouri avait récolté 315 000 $ chez nous, selon les données de l’Observatoire de la culture et des communications.