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Rues de Montréal: la neige complique la vie sur les chantiers

Entrepreneurs, déneigeurs et citoyens doivent composer avec l’amalgame de la neige et des cônes orange

Rues de Montréal: la neige complique la vie sur les chantiers
Photo Chantal Poirier

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La chute de neige de mardi complique la vie sur les chantiers routiers de Montréal, mais aussi celle des résidents et des déneigeurs qui doivent composer avec les entraves, en plus des flocons. 

« C’est sûr que ça va avoir des conséquences, assure une source bien au fait du développement des chantiers de Montréal, dont celui du pont Samuel-De Champlain, gérés par le consortium Signature sur le Saint-Laurent. 

La neige complique les opérations de certains chantiers, comme c’est le cas ici, rue Saint-Hubert, à Montréal.
Photo Cédérick Caron
La neige complique les opérations de certains chantiers, comme c’est le cas ici, rue Saint-Hubert, à Montréal.

« Ce chantier était supposé terminer avant les Fêtes, dans deux ou trois semaines. Avec le froid, ça va peut-être retarder d’une semaine. » 

Mardi, une partie du Québec, dont la métropole, s’est fait ensevelir par 20 cm de neige, l’équivalent de la moyenne mensuelle pour le mois de novembre à Montréal. Cette bordée est arrivée trop tôt, selon plusieurs, compliquant notamment les travaux. 

« Tout le monde s’est fait pogner. Personne ne s’attendait à ça, si tôt », poursuit cette source. 

Les nombreux employés de la construction ont dû adapter hâtivement leurs outils et leurs pratiques aux conditions hivernales. 

Un ouvrier réchauffe un embranchement de conduite d’eau temporaire pour connecter un nouveau tuyau, après que l’autre a gelé.
Photo Cédérick Caron
Un ouvrier réchauffe un embranchement de conduite d’eau temporaire pour connecter un nouveau tuyau, après que l’autre a gelé.

Souplesse demandée 

Présentement, il y a 182 chantiers municipaux en activité sur le territoire de la Ville de Montréal, selon son site internet Info-travaux. 

Sur plusieurs de ces chantiers, des ouvriers ont expliqué au Journal que les opérations se compliquent une journée comme mardi, parce qu’il faut notamment chauffer les surfaces avant d’effectuer des travaux d’excavation ou de béton. 

« C’est certain qu’il faut faire preuve de souplesse, tant sur les chantiers que pour le déneigement », explique le porte-parole administratif de la Ville de Montréal, Philippe Sabourin, précisant qu’autant de neige aussi tôt en novembre n’est pas chose commune. 

Compliqué pour les voisins 

Pour ceux qui habitent aux abords des chantiers, la situation a aussi été difficile. 

Les travaux d’égouts et d’aqueduc en cours sur les rues Clark et Saint-Hubert ont temporairement privé des résidents et des commerçants d’eau, lundi et mardi. Elle est acheminée par de la tuyauterie temporaire installée en surface, qui a gelé. 

« L’eau arrive et repart depuis hier [lundi], rapporte Odile Myrtil qui demeure sur la rue Saint-Hubert. Je ne peux pas utiliser mes toilettes ni ma douche. L’eau a gelé dans les tuyaux. » 

Des employés de la construction ont d’ailleurs procédé à des travaux d’urgence sur les deux rues et ont recommandé aux gens de laisser couler l’eau en permanence pour éviter que la situation ne se reproduise. 

Près du chantier du service rapide par bus Pie-IX, la circulation des piétons se faisait aussi péniblement. 

« On n’a plus de trottoirs. Mes voisins ont été obligés de pelleter un chemin pour qu’on puisse marcher. On dirait un sentier d’hébertisme », se plaint Christine Harel qui habite sur le boulevard Pie-IX. 

Compliqué de déneiger 

« Les entrepreneurs qui exécutent les travaux ont pour obligation de déneiger un corridor piétonnier et cycliste, s’il y a lieu, aux abords de nos chantiers. Et nouveauté cette année, c’est l’escouade mobilité qui sera mise à contribution pour s’assurer que cette directive soit appliquée », précise M. Sabourin. 

« Si la neige ne fond pas, certains chantiers vont fermer tels quels. Des trous vont être recouverts de façon temporaire et ça peut devenir problématique. Nos devis prévoient qu’on doit pousser la neige, peu importe la situation, mais c’est certain que ça pourrait entraîner des bris sur les machines », explique le président-directeur général de l’Association des entrepreneurs en déneigement du Québec, Mario Trudeau. 

« C’est nous qui sommes responsables des milliers de dollars de réparation, mais c’est certain que ça va se refléter dans les prix lors des prochaines soumissions », souligne M. Trudeau.