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Fausses nouvelles albertaines

pm Jason Kenney
Photo Agence QMI, Simon Clark Kenney peste contre le Québec… mais veut calquer son autonomisme et donc augmenter la taille de son État !

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Jason Kenney m’a fait sursauter en fin de semaine.

J’ai soumis l’affirmation au directeur de la recherche à QMI, Jean-François Gibeault, aussi collaborateur précieux de Là-haut sur la colline à Qub. Conclusion : c’est faux.

La vérité

Certes, le Québec reçoit 13,1 milliards $ de péréquation. Mais non, l’argent ne vient pas «en grande partie» de l’Alberta.

La péréquation n’est pas financée par les provinces, mais par les citoyens canadiens (dont les Albertains) qui paient des impôts au fédéral.

Ottawa constitue une cagnotte qu’il redistribue aux provinces moins riches, selon une formule complexe.

La part des quatre millions d’Albertains dans les revenus totaux du fédéral? 14 %. Celle des Québécois? 18 %.

Autrement dit, dans le 13,1 milliards $ que Québec reçoit, il se paie à lui-même 2,4 milliards $ à lui-même. La part de l’Alberta dans ce 13,1 milliards? 1,8 milliard $!

Legault redonnerait ce dernier montant à Kenney que le Québec serait toujours en surplus et l’Alberta, toujours en déficit!

Problème albertain

Le problème albertain? Pas sorcier : sa fiscalité dépend des redevances de l’industrie des hydrocarbures, en mauvais état et qui ne s’améliorera sans doute pas. Mais surtout, ses citoyens ne sont à peu près pas imposés ni taxés.

Contrairement au Québec d’ailleurs, qui utilise à fond sa capacité fiscale. L’Alberta n’a pas de taxe de vente!

Que fait Kenney devant le problème de déficit? Il blâme le Québec ; compresse les dépenses de l’État. Pas un mot sur la réelle solution : hausser ne serait-ce qu’un peu les taxes et les impôts.

Si l’Alberta avait une taxe de vente et des taux d’imposition semblables à ceux du Québec, son surplus serait de 30 milliards $!

Commission Manning-Lougheed

Kenney peste contre le Québec... mais veut calquer son autonomisme et donc augmenter la taille de son État!

Officiellement, il refuse le Wexit. Mais il se sert du sentiment d’aliénation pour raffermir son rapport de force face à Ottawa.

Il revient donc à l’«Alberta Agenda», projet de 2001 s’inspirant du Québec pour rendre l’Alberta plus autonome : impôts perçus par la province ; création d’une police albertaine ; retrait du régime de pension du Canada ; relations internationales.

Dans un discours de plus d’une heure prononcé samedi à Red Deer, il a annoncé la création d’une sorte de commission «Bélanger-Campeau» albertaine : le «Fair Deal Panel for Alberta», dirigé par l’ancien chef réformiste Preston Manning, assisté de Stephen Lougheed, fils de Peter, célèbre PM albertain.

On sait déjà à quelles solutions ils vont aboutir le 20 janvier, Kenney l’a déjà précisé dans son discours : une modification rétroactive de la formule de péréquation, ce qui lui retournerait 1,75 milliard $ dans les coffres d’Edmonton.

À Ottawa aussi, on a dû sursauter.