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Il ne réalisait pas que tuer son ex était mal

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Un Montréalais qui a battu à mort son ex-conjoint octogénaire avant de l’abandonner sur un trottoir a pris le chemin de l’hôpital psychiatrique mardi, à la suite d’un verdict de non-responsabilité criminelle.

« Il était dans un état de désorganisation mentale ; aujourd’hui, avec la thérapie, il commence à comprendre et il regrette les événements », a affirmé l’avocat de la défense Kaven Morasse, mardi, au palais de justice de Montréal.

Assis dans le box des accusés, la tête basse, Jean Bourbonnais s’est confondu en excuses pour le meurtre violent de Rainer Franz à l’automne 2018. Les deux hommes se connaissaient pour avoir été colocataires, puis conjoints une année plus tôt.

Pour une raison inexpliquée, le 18 octobre 2018, Bourbonnais s’est mis en tête qu’il devait tuer M. Franz. Le meurtrier de 42 ans s’est alors présenté chez l’octogénaire. Et dès que la victime a ouvert la porte, elle a été projetée au sol pour ensuite être frappée à coup de talon au visage.

« Croyant qu’il était filmé, [Bourbonnais] a assis M. Franz devant le téléviseur, indique le résumé des faits. Il a pris un pot de peinture et l’a lancé de toutes ses forces sur la tête de la victime. »

Et loin de vouloir cacher son crime, il a ensuite attrapé son ex par le collet, pour le traîner hors de l’appartement afin de « l’exhiber sur la place publique », selon le document de cour.

Grièvement blessé, M. Franz a succombé à ses blessures un mois plus tard. Quant au meurtrier, les policiers ont rapidement remarqué qu’il semblait avoir des problèmes psychiatriques.

« C’est moi qui l’a battu, il a essayé de me tuer, c’est un serial killer, un abuseur », avait d’ailleurs dit d’emblée Bourbonnais, lors de son arrestation.

Délire persécutoire

À la demande du tribunal, une psychiatre s’est penchée sur son cas et a conclu à la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Un second psychiatre en est arrivé à la même conclusion, diagnostiquant à l’accusé un « trouble délirant persécutoire grandiose et mystique ».

« Il doit être traité, il ne doit plus faire subir tant de violence à une autre famille », ont écrit dans une lettre les proches de M. Franz, qui résident en Allemagne.

À la suggestion de la défense et de la Couronne, le juge Jean-François Buffoni a déclaré Bourbonnais non criminellement responsable. Il sera interné jusqu’à ce qu’il ne représente plus un danger pour la société.