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La cerise de trop d’un vieux gâteux

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C’était maintenant Rogers Media qui engageait Don Cherry et non plus la CBC. Par chance, car ce gâteux aurait peut-être survécu une fois de plus à ses outrances verbales.  

 Samedi dernier, durant la soirée du hockey, l’ancien joueur et entraîneur devenu multimillionnaire grâce à la télévision, y est allé une fois de plus de commentaires odieux. Cette fois, il a déversé sa bile sur les immigrants, prenant bien soin de ne pas les nommer spécifiquement. Il s’en est pris d’abord à ses concitoyens de Mississauga et aux Torontois qui n’arborent pas le coquelicot avant de s’attaquer aux « autres ».  

Pointant plusieurs fois un doigt vengeur en direction de la caméra, il a dit ce qui suit : « Vous autres (la traduction est de moi) qui venez chez nous, vous autres, qui que vous soyez, qui aimez notre façon de vivre, qui aimez notre lait et notre miel, vous pourriez au moins cracher un deux dollars pour un coquelicot ou quelque chose du genre. Ce sont ces gars-là [les anciens combattants] qui payent pour votre style de vie actuel, ces gars-là qui ont payé le plus haut prix, celui de leur vie ! »  

Ces propos auront été les mots de trop pour Cherry, la cerise sur le gâteau.  

LES QUÉBÉCOIS, C’EST MOINS GRAVE...  

Don Cherry aurait mieux fait de s’en prendre encore une fois aux Québécois. Malgré ses nombreuses invectives à notre endroit, la CBC, avec qui il a eu de juteux contrats durant des décennies, a toujours passé l’éponge. Pourtant, ses propos de samedi soir sont presque de la petite bière en comparaison de ceux qu’il a tenus durant sa trop longue carrière.  

Il n’a jamais mâché ses mots à l’endroit des Québécois et des Européens. Il a dit de Jean-Luc Brassard, gagnant d’une médaille d’or olympique, qu’il était un skieur quelconque et a traité de peureux et de lâches les joueurs québécois et européens qui portaient des visières. Du Finlandais Alpo Suhonen, assistant-entraîneur des Jets de Winnipeg, il a dit qu’il ne valait pas plus que de la nourriture à chien.  

Il s’est moqué de Jean Chrétien pour avoir refusé de participer à la guerre en Irak. Des environnementalistes qu’il traitait de « pinkos » et de « cuckaloos », des termes injurieux n’ayant pas d’équivalents français. Est-ce nécessaire d’ajouter qu’il était nostalgique du hockey brutal de son temps, dont il a fait l’apologie dans un DVD au titre évocateur : Rock'Em Sock'em.  

CHERRY, L’INTOUCHABLE  

Toujours vêtus de costumes flamboyants et d’un autre âge, l’œil hautain et un rictus méprisant sur les lèvres, Don Cherry et Ron MacLean, son âme damnée du Coach's Corner, étaient des intouchables à la CBC.  

Les quelques années où j’ai fait partie du conseil d’administration de CBC/Radio-Canada, chaque fois qu’un administrateur souhaitait remettre en question la présence de Don Cherry sur les ondes ou voulait connaître son salaire, il se butait toujours à un regard entendu entre le PDG et le vice-président du réseau anglais. Le salaire de Cherry était un secret d’État, même si la rumeur voulait qu’il dépasse un million de dollars par saison.  

Il aura fallu que les droits du hockey soient finalement acquis par Rogers Media, un diffuseur privé, pour que se termine enfin le règne de ce commentateur outrecuidant qui se prenait pour un phénix.  

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