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La fin des États-Unis

La fin des États-Unis

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La pièce de monnaie qui coiffe mon billet fait référence à deux éléments importants de l’histoire américaine: la devise qui va rallier les treize colonies (De plusieurs, un) dans leur opposition à la métropole britannique et Abraham Lincoln, celui dont le principal objectif au moment de la guerre de Sécession était de préserver l’Union.  

Peu importe la période de l’histoire américaine qui vous intéresse ou que je pourrais aborder, l’unité du pays constitue toujours un concept dont la définition varie. Si les différends ne sont pas toujours aussi importants et spectaculaires que les débats qui vont mener à la guerre civile, le pays est toujours balayé par des vents contraires.   

Depuis le début des années 1990, la politique américaine est plus polarisée, un phénomène qui me semble atteindre un sommet dangereux sous Donald Trump.    

J’ai déjà mentionné que parmi les facteurs de division on retrouve l’écart de plus en plus grand entre les réalités des zones urbaines et des zones rurales. Un écart qui s’accompagne d’une gestion différente de la question raciale et du phénomène de l’immigration.    

Comme je le mentionnais récemment, la fin du 20e siècle et le début du 21e siècle constituent la plus forte période de mouvement migratoire dans l’histoire des États-Unis. Il n’est pas étonnant que la démographie du pays soit modifiée et que la population américaine soit très diversifiée.   

Dans un article publié aujourd’hui sur le site de The Atlantic, Yoni Applebaum s’interroge sur la capacité des États-Unis à s’adapter à l’immigration. Dans une période aussi polarisée, l’auteur rappelle que la démocratie repose sur le consentement des perdants au moment d’une élection: «For most of the 20th century, parties and candidates in the United States have competed in elections with the understanding that electoral defeats are neither permanent nor intolerable. The losers could accept the result, adjust their ideas and coalitions, and move on to fight in the next election.»   

Applebaum craint donc que le consentement tacite des vaincus soit menacé. Autant une certaine gauche progressiste semble intolérante, autant les partisans de Donald Trump n’acceptent aucune critique à son endroit, craignant toujours d’être les victimes de forces occultes qui contrôlent l’appareil politique américain. Des forces qui encouragent aussi la globalisation de l’économie, diminuant toujours un peu plus le contrôle de leur destin.   

Non seulement le fossé entre villes et campagnes s’est-il creusé, mais les zones rurales majoritairement blanches craignent la venue d’autant de minorités qui, cumulées, les placeront éventuellement en infériorité. Si le phénomène de l’immigration n’est pas récent, pour la première fois de l’histoire américaine, les Blancs ne seront bientôt plus majoritaires.   

Si le titre et le contenu de l’article sont alarmistes, il faut malgré tout convenir du fait que la situation actuelle est inquiétante. Applebaum précise que pour les deux tiers des électeurs du président, l’élection de 2016 était la dernière chance de freiner le déclin américain.   

Bien des observateurs se réjouiront si Donald Trump est vaincu en 2020, mais son départ ne ferait que faire disparaître la manifestation la plus spectaculaire d’un problème de fond beaucoup plus grave. Peu importe l’identité du prochain président ou de la prochaine présidente, on ne pourra balayer le problème sous le tapis. La période qui a précédé la guerre de Sécession pourrait inspirer ceux et celles qui croient à la pensée magique. Repoussé l’échéance ne règle rien.   

La réflexion complète d’Applebaum ici.