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Souveraineté: «On ne peut se permettre l'économie d'une armée», affirme Charles-Philippe David

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L'enjeu militaire dans un éventuel Québec souverain a été ramené à l'avant-plan par Gabriel Nadeau-Dubois, à quelques jours du congrès de Québec solidaire (QS). Tandis que le co-porte-parole du parti dit avoir un «préjugé favorable» envers la mise sur pied de forces armées, les membres se prononceront sur le sujet ce weekend à Longueuil. 

Le débat est loin d'être nouveau: il y a une trentaine d'années, le fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, Charles-Philippe David, et quelques collègues se sont penchés sur la question en prévision du référendum de 1995. 

«Encore une fois, on retourne à la case départ, avec la sempiternelle question: est-ce que le Québec a besoin d'une armée?», a lancé d'entrée de jeu le chercheur à Mario Dumont sur les ondes de QUB Radio, mardi après-midi. 

• À lire aussi: Gabriel Nadeau-Dubois favorable à une armée québécoise 

Deux scénarios favorisés 

Les travaux antérieurs de M. David ont permis d'établir quatre scénarios possibles quant à la situation militaire d'un Québec souverain. Parmi ceux-ci, seuls deux méritent d'être discutés, a affirmé ce dernier: 

«Ce n'était pas un Québec sans armée. On s'était rabattu sur deux options. La première: celle de la neutralité. Ce n'était pas inintéressant à l'époque. L'est-ce encore aujourd'hui? C'est à étudier. Ça a au moins l'intérêt de la nouveauté, d'être une position novatrice, puisqu'il y a de moins en moins d'États neutres comme la Suisse et la Suède. Le problème, c'est que ça coûte extrêmement cher.» 

Le deuxième implique la formation d'une petite milice, avec des objectifs à la fois internes (service public), mais aussi de sauvetage et d'aide civil. 

«Aussi, qu'elle soit capable de faire sa marque sur la scène internationale lors de missions de paix. C'est tout ce qu'on voyait qu'on pouvait se permettre. [...] Je vous dirais que les règles et le contexte géopolitique n'ont pas énormément changé», a-t-il continué. 

Dérapages 

Encore plus, Charles-Philippe David juge très important d'établir une force militaire québécoise, simplement pour les conflits internes qui affligeront un Québec souverain. 

«Est-ce que vous transformez la Sûreté du Québec (SQ) en garde nationale? Est-ce que les citoyens seraient rassurés de savoir qu'au-delà de la SQ, il n'y a plus rien? Rappelez-vous la crise d'Oka. Toutes ces réflexions ne se règlent pas en une minute, mais elles sont très importantes. La neutralité, c'est trop cher [...], mais non, on ne peut pas faire l'économie de forces armées.» 

Se démarquer par notre expertise 

Comme le rappelle le coanimateur de l'émission «Le Retour de Mario Dumont», Vincent Dessureault, les Forces armées canadiennes sont reconnues pour le talent de leur programme «de forces d'élite». 

C'est exactement ce genre de spécialisation qui permettrait aux «Forces armées québécoises» d'avoir une bonne réputation à l'international, selon M. David: 

«C'est le gagne-pain, un des gros objectifs des forces armées, au moins dans l'OTAN, ces forces spécialisées. Cependant, l'enjeu, c'est qu'on ne peut travailler seul. Il faut coordonner nos actions avec les autres acteurs.» 

Or, ce programme nous ramène au modèle d'une petite armée et, «comme on ne pourra jamais être un gros joueur», il faudrait développer des «niches» pour rester actif, a-t-il plaidé.