/news/politics
Navigation

Jean Charest croit qu'il faut écouter l'Ouest

Jean Charest croit qu'il faut écouter l'Ouest
Marc DesRosiers

Coup d'oeil sur cet article

L’ex-premier ministre du Québec Jean Charest invite l’ensemble des Canadiens, y compris ceux du Québec, à se montrer sensible aux préoccupations de l’Ouest. 

• À lire aussi: Blanchet peu enthousiaste face au mouvement séparatiste de l’Ouest 

«Ils vivent une période économique difficile. Cela crée beaucoup d’inquiétude et d’anxiété pour eux. La première chose à faire, c’est de le reconnaître et d’en tenir compte», a-t-il dit mercredi en marge du Sommet de l’aérospatiale canadienne, à Ottawa, durant lequel il prononçait un discours. 

M. Charest croit qu’il revient tant aux élus qu’à l’ensemble de la population de tendre l’oreille aux citoyens des provinces des Prairies. Il estime que la récente campagne électorale a souligné l’importance de tenir compte des préoccupations de l’Ouest. 

«Il faut qu’ailleurs au pays les gens reconnaissent qu’aujourd’hui, dans l’Ouest du pays, c’est un passage difficile et [les gens là-bas] demandent à leurs concitoyens de le reconnaître et de les aider à passer à travers cette période-là», a ajouté l’ex-politicien. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Pas de crise 

La colère en provenance des Prairies – qui peinent à trouver des marchés pour écouler leur pétrole – se fait de plus en plus sentir depuis l’élection du 21 octobre. Le mouvement séparatiste de l’Ouest communément appelé «Wexit» a été particulièrement actif depuis le scrutin où les libéraux de Justin Trudeau ont été reportés au pouvoir en ne faisant élire aucun député en Alberta et en Saskatchewan. 

M. Charest ne croit toutefois pas qu’on ait affaire à une crise d’unité nationale. «Au Canada, comme on est une des fédérations les plus décentralisées au monde avec un grand territoire et une population très diversifiée, il y a toujours eu des différences régionales», a-t-il tempéré. 

Promouvoir l'aérospatiale 

Il a en outre fait valoir que la question de la croissance du secteur de l’aérospatiale canadien en est un qui rallie les intérêts de chacune des provinces canadiennes puisque cette industrie est présente aux quatre coins du pays. «Voilà une occasion pour le gouvernement de parler de ce que nous avons en commun», a-t-il dit. 

D’ailleurs, M. Charest demande au premier ministre Justin Trudeau d’accorder une importance toute particulière à l’industrie aérospatiale dans la composition de son prochain conseil des ministres. Pour ce faire, il lui propose de nommer un ministre responsable du développement des compétences et de la formation afin de contenir la pénurie de main-d’œuvre qui s’annonce dans ce secteur. 

M. Charest souhaite en outre que le ministre du Commerce international se voie confier le mandat de promouvoir sur la scène internationale la croissance de l’industrie canadienne de l’aérospatiale. 

M. Charest, qui a été chef du Parti progressiste-conservateur du Canada avant de se tourner vers la politique provinciale et de devenir chef du Parti libéral du Québec, n’a pas voulu se risquer à commenter le leadership d’Andrew Scheer. Il n’a pas non plus voulu dire s’il croit que la nomination d’un lieutenant pour le Québec est de mise, du côté de M. Trudeau.