/finance/business
Navigation

Le v.-p. finances de SNC ne posait pas de question sur les pots-de-vin

Le v.-p. finances de SNC ne posait pas de question sur les pots-de-vin
Joël Lemay / Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Le grand responsables des finances de SNC-Lavalin ne faisait aucune vérification pour savoir à qui l’entreprise payait de l’argent en Libye, même s’il devait personnellement signer des paiements de millions $ à des sociétés-écran offshore.

«C’était pas ma responsabilité», s’est défendu mercredi Gilles Laramée, ex-v.-p. finances de SNC, interrogé au procès de Sami Bebawi, un ex-cadre de SNC accusé de fraude et de corruption.

Riadh Ben Aïssa, un témoin vedette de la Couronne, est venu expliquer plus tôt au procès que lui-même, Sami Bebawi, Saadi Kadhafi (le fils du dictateur libyen Mouammar Kadhafi) et le gendre du président tunisien avaient reçu des millions de dollars de SNC à travers une société offshore du nom de Duvel Securities, une société des Îles Vierges britanniques, un paradis fiscal.

Des pots-de-vin ont notamment été payés au fils du dictateur Kadhafi à travers Duvel.

Dans un courriel présenté en Cour mercredi, Gilles Laramée et Michael Novak (ex-président de SNC-Lavalin International et mari de l’ex-ministre de la Justice du Québec Kathleen Weil) apposent leur signature en 2002 sur un paiement de plus de 182 000$ en Suisse à Duvel.

«Je ne prenais pas connaissance du contrat d’argent [avec Duvel]», a expliqué Laramée pour expliquer pourquoi il ne posait pas de questions. Les agents sont censés être rémunérés à commission quand ils obtiennent des contrats pour SNC. Selon ce dernier, c’était la responsabilité des «gens de l’international» de vérifier ces contrats en Libye.

Demande inhabituelle

Gilles Laramée a aussi raconté se souvenir d’une demande inhabituelle de Riadh Ben Aïssa pour recevoir d’avance des paiements pour un «agent» en Libye. Le témoin Ben Aïssa a raconté plus tôt au procès que cette demande avait été faite parce que Saadi Kadhafi avait demandé un yacht de 25 millions $ US à Ben Aïssa.

Gilles Laramée n’a pas précisé mercredi s’il savait que l’avance servirait au paiement du yacht, mais a expliqué qu’il avait finalement accédé à la demande de Ben Aïssa, moyennant le paiement par une société d’État libyenne d’arriérés de paiement sur certains contrats.

Le témoignage de l’ex-vice-président finances de SNC doit se poursuivre jeudi.