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Québec défend son investissement dans une compagnie de dirigeables

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Le ministre Pierre Fitzgibbon a encore défendu son investissement dans une entreprise française souhaitant développer des dirigeables, mais dont on ne connaît encore aucun client. Il a admis que l’investissement de 30 M$ du gouvernement n’était «pas banal» et qu’il présentait un certain «risque», mais les retombées potentielles le justifient.   

«Je pense que le risque est, entre guillemets, minime par rapport au potentiel, puis je pense qu'on doit, comme société, avoir des projets structurants comme ça», a-t-il affirmé en point de presse à l’Assemblée nationale mercredi.   

Photo tirée du site web de Flying Whales

Québec venait de confirmer une prise de participation dans une entreprise fabriquant des dirigeables, Flying Whales, qui s’implantera au Québec dès 2020. Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, en a fait l’annonce ce matin en compagnie du président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, et du PDG de la compagnie Flying Whales, Sébastien Bougon. Grâce au financement du gouvernement, Flying Whales prévoit engager d’ici quatre ans une centaine de travailleurs dans le domaine de la recherche et développement afin de mettre au point les différents systèmes pour ses dirigeables.  

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L’entreprise compte développer des dirigeables pour transporter des charges lourdes comme du bois, du minerai et même de petits bâtiments, dans des régions éloignées et privées d’infrastructures tel le nord du Québec.  

Ultimement, a expliqué le ministre Pierre Fitzgibbon, l’implantation d’une usine à l’horizon 2023 pourrait également entraîner la création de 300 à 400 emplois au Québec. Celle-ci aurait alors l’exclusivité du marché nord-américain pour la vente de sa production.  

Photo Simon Clark

Ni le ministre Pierre Fitzgibbon ni le PDG de Flying Whales, Sébastien Bougon, n’ont pu préciser si la compagnie avait déjà reçu d’engagement formel pour l’achat des dirigeables.  

«On n'est pas rendu au point d'avoir signé des contrats. Et avant qu'on investisse pour construire une usine, quand le premier ballon dirigeable va être en opération, en France, c'est sûr qu'on va aller plus loin dans l'analyse. Mais à ce moment-ci, on a assez de confort qu'il y a un marché potentiel», a toutefois indiqué Pierre Fitzgibbon.  

En octobre, ce dernier avait également dû défendre le choix du gouvernement d’investir dans l’entreprise Flying Whales en raison des liens étroits de l’entreprise avec l’Aviation Industry Corporation of China (AVIC), qui détient 25% de son capital. Les États-Unis soupçonnent ce fabricant chinois d’avions et d’hélicoptères d’être mêlé à plusieurs cas d’espionnage.  

«Les Chinois n’auront pas d’implication ici au Québec», avait affirmé le ministre Pierre Fitzgibbon en rappelant que l’argent n’allait pas directement à l’AVIC.   

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