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Rosalie la petite peste

Rosalie Vaillancourt présentait la première montréalaise d’Enfant roi mercredi soir

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À peine quatre ans après sa sortie de l’École nationale de l’humour, Rosalie Vaillancourt présentait son premier spectacle solo, mercredi au Théâtre Maisonneuve. Volontairement immature, la jeune comique nous présente son journal d’une princesse... trash.

On pourrait qualifier Rosalie Vaillancourt de version féminine de Denis la petite peste. L’humoriste de 27 ans à la voix haut perchée ne laisse pas sa place en termes de malice et d’irrévérence.

Son premier effort solo, mis en scène par Pierre-François Legendre, nous emmène dans son univers très coloré, où il est autant permis de parler de sodomie que des bébés médiévaux dans les musées.

C’est par une vidéo que s’amorce Enfant roi. Le procédé, utilisé récemment dans le spectacle de Julien Lacroix, met toutefois très bien la table à la soirée. Dans un dessin animé, on y suit une jeune Rosalie qui se fait jeter un mauvais sort par une sorcière.

Tout au long du spectacle, la jeune femme doit démontrer qu’elle est une bonne personne, ce qu’elle fait bien sûr un peu maladroitement. « Êtes-vous prêts... à être déçus ? » demande-t-elle au public d’entrée de jeu. Le ton est donné.

Dynamique comme pas une, Rosalie Vaillancourt semblait plutôt à l’aise sur la grande scène du Théâtre Maisonneuve. La nervosité de la première lui a toutefois fait escamoter certains mots.

Même si elle a participé à certains projets jeunesse dans les dernières années, l’humoriste ne livre vraiment pas un spectacle pour un jeune public. Ses blagues salaces feront même friser les oreilles de certains spectateurs plus sensibles.

Vie personnelle

Un premier spectacle étant souvent une façon de se présenter, Rosalie parle donc de plusieurs aspects de sa vie personnelle. Elle rit de ses parents (« ils ne sont pas à l’aise avec la sexualité, je ne sais pas si c’est parce qu’ils sont laids »), de son ancien copain (« il s’appelle Pierre-Yves et quand on faisait l’amour, j’avais l’impression d’être dans un vieux porno québécois ») et surtout d’elle-même (« je n’ai jamais pogné avec les gars, pourtant je suis super belle, je ressemble à Karla Homolka, mais plus fofolle »)

C’est quand elle ne se prend pas au sérieux que Rosalie Vaillancourt s’avère la plus efficace. Pendant près de 90 minutes, elle nous sert « une belle leçon d’humour kiki ». Les segments chantés et les quelques moments où elle s’adresse à la foule gagneraient toutefois à être retravaillés.

Rosalie Vaillancourt est-elle une bonne personne ? Après avoir vu Enfant roi, on hésite à répondre positivement. Mais au moins, elle est une bonne humoriste.