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Prostitution juvénile: une longueur d’avance sur les proxénètes

La détection précoce, cheval de bataille du SPVQ

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Rencontrée mardi, Nathalie Thériault, capitaine au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), a confié que la collaboration entre les autorités et les milieux communautaires, de l’éducation et de la santé est essentielle pour lutter contre l’exploitation sexuelle.

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Écoles, centres commerciaux, réseaux sociaux : pour torpiller les projets de proxénètes sans pitié, la police de Québec n’hésite pas à se rendre sur leur propre terrain de chasse.  

Selon la capitaine Nathalie Thériault, du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), il est impératif de dépister les victimes potentielles avant qu’elles ne s’engagent trop profondément dans l’engrenage de la prostitution. Ainsi, la police et ses partenaires espèrent avoir une longueur d’avance sur les proxénètes.  

«Il faut créer une brèche rapidement [dans l’esprit des jeunes à risque de se prostituer], parce que ces individus-là, les proxénètes, les prédateurs, leur mandat, c’est de détecter la vulnérabilité, de l’utiliser, et après ça, de s’organiser pour déprogrammer la jeune fille», explique-t-elle, en réaction à notre dossier sur le fléau de l’exploitation sexuelle.  

Concertation  

Le SPVQ a rapidement compris qu’il n’y arriverait pas seul. Quelques années après la retentissante opération Scorpion, il participait à la création, dans la capitale, d’une table régionale sur l’exploitation sexuelle et la prostitution juvénile. Des acteurs du milieu de la santé (centres jeunesse, centres de santé), trois commissions scolaires et des organismes communautaires y prennent part encore aujourd’hui.  

Chacun d’eux possède des intervenants formés qui deviennent des sortes de sentinelles sur le terrain et qui peuvent approcher les personnes ou les groupes vulnérables.  

«On est capable d’intervenir beaucoup plus rapidement en prévention, en détection», pointe Mme Thériault.  

Réseaux sociaux  

À l’interne, des patrouilleurs du SPVQ ont la mission de tisser des liens avec le réseau hôtelier et les centres d’achats. D’autres visitent des bars de danseuses ou contactent les jeunes femmes qui offrent des services d’escorte sur les réseaux sociaux pour leur fournir de l’information.  

Mme Thériault estime que, par le biais de tous ces efforts, des centaines de jeunes « qui ont frayé de près ou de loin » dans le milieu ont pu être rencontrés au fil des ans.