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Vers une convention mondiale de reconnaissance des diplômes

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Les États membres de l’Unesco vont se prononcer au cours des prochains jours sur un projet de convention mondiale qui permettrait la reconnaissance des diplômes du supérieur d’un pays à l’autre, une première dans le système onusien. 

Ce projet, en gestation et en discussion depuis au moins huit ans, va être examiné en commission à partir de jeudi, puis soumis à l’aval des États membres réunis à Paris de mardi jusqu’au 27 novembre pour la 40e conférence générale de l’Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (Unesco). 

Il vise à « faciliter la mobilité et l’inclusion », à « donner à tous les étudiants le droit à l’éducation et, aux pays, l’occasion de ne pas gâcher les compétences des personnes qui se déplacent », a souligné la directrice adjointe de l’Unesco, Stefania Giannini, au cours d’un point de presse. 

Si elle est adoptée, il s’agira de la première convention mondiale des Nations unies sur l’enseignement supérieur, qui complètera les cinq conventions régionales sur le sujet existantes, sous la houlette de cette organisation. 

La première étape consistera à avoir un petit groupe de pays pionniers qui la ratifieront. 

Ce faisant, « les États s’engageront à reconnaître les études suivies par les étudiants dans leur pays d’origine, à définir des critères d’équivalence transparents et à leur garantir un accès à leurs systèmes universitaires », a-t-on expliqué à l’Unesco. 

« Il y a aujourd’hui 224 millions d’étudiants, un nombre qui a doublé en dix ans. Cinq millions étudient à l’étranger, dont 2,5 millions hors de leur région d’origine.(...) Les échanges sont aujourd’hui très compliqués, sauf au sein d’une même région. Il faut des lignes directrices, un système dans lequel on sait situer l’étudiant », a plaidé Mme Giannini. 

« La mobilité est la clef. Dans une société fondée sur le savoir, la valeur ajoutée d’un simple mécanisme (le cadre donné par la convention, NDLR) est un vrai tournant », a-t-elle estimé. 

En outre, cette convention devrait bénéficier aux migrants et aux réfugiés qui faute de voir reconnaître leurs qualifications dans leur pays d’accueil et, souvent, faute de tout document pouvant les prouver, voient notamment la poursuite d’études et la recherche de travail entravées. 

Pour répondre à ce problème spécifique, l’Unesco a aussi récemment inauguré un Passeport de qualifications pour les réfugiés et les migrants vulnérables, s’appuyant sur le modèle du passeport européen des qualifications des réfugiés, dont l’initiative revient à l’Agence norvégienne pour l’assurance qualité dans l’éducation et au Conseil de l’Europe. 

Les 15 premiers de ces « passeports » ont été délivrés à des réfugiés en Zambie, qui accueille d’importants camps de réfugiés et où des nationaux ont été formés à l’évaluation de leurs qualifications. L’expérience devrait être étendue l’an prochain à d’autres régions, comme l’Amérique latine, selon l’Unesco.