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Des surdoués au bureau

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Catherine Courchesne - 37e AVENUE

 

On parle de plus en plus de douance en milieu scolaire, mais qu’arrive-t-il de ces surdoués quand ils débarquent sur le marché du travail ? Le point avec l’une des autrices du livre Comprendre la douance, paru cet automne aux Éditions de l’Homme.

D’emblée, Julie Rivard, co-autrice de l’ouvrage, souligne qu’il est maintenant plus courant de parler de personnes à haut potentiel (HP), que de personnes douées ou surdouées. Cela dit, les trois termes reflètent une seule et même réalité, à savoir les personnes qui sont « hyper » dans toutes les sphères de leur vie, autant sur le plan sensoriel (hypersensibles aux bruits ambiants, par exemple), émotionnel (très empathiques face aux émotions d’autrui), que cognitif (QI supérieur à la moyenne, traitement rapide de l’information, mémoire phénoménale, pensée en arborescence).

Avec ces « hyper caractéristiques », on pourrait croire que les HP réussissent tout à la perfection. Au contraire ! Leur douance leur donne un certain avantage, mais leur cause aussi des problèmes, notamment au travail.

Les inconvénients

Le bruit de la photocopieuse, les conversations entre collègues, la lumière des néons... Comptez sur un HP pour remarquer tous ces stimuli (consciemment ou non), qui sont d’ailleurs susceptibles de nuire grandement à sa productivité et à sa concentration.

Ensuite, si l’ambiance de travail est lourde et négative, la personne HP en sera rapidement consciente, puisque, comme l’explique Julie Rivard, « elle absorbe facilement les émotions des autres. Par conséquent, il n’est pas rare que les HP vivent beaucoup de stress et d’anxiété dans leurs relations. »

En outre, bien qu’il puisse sembler génial d’avoir un super QI, une mémoire d’éléphant et une pensée en arborescence, cela peut créer une surcharge cognitive importante menant parfois à de l’épuisement professionnel. « Étant incapables de mettre leur cerveau “sur pause” et ayant tendance à se lancer dans mille et un projets à la fois, les HP en font souvent trop et, tôt ou tard, ils se retrouvent complètement épuisés », affirme l’autrice.

Les avantages

Heureusement, la douance vient aussi avec certains avantages. Par exemple, au boulot, les diverses hypersensibilités des HP en font des employés créatifs, intuitifs et dotés d’une grande imagination. « Cela leur permet souvent de cerner les failles dans un processus, tout comme de trouver des solutions originales à des problèmes complexes. Un atout pour les entreprises », avance Julie Rivard.

De plus, lorsque les HP tombent sur un sujet ou un projet qui les passionne, leurs capacités intellectuelles et cognitives particulières leur permettent d’en devenir rapidement des experts. « Ce n’est pas pour rien qu’ils ont des parcours professionnels atypiques, puisqu’en plus d’être bons dans plusieurs domaines, ils sont curieux, touche-à-tout et autodidactes. »

Voilà d’ailleurs une des raisons qui expliquerait leur propension à l’entrepreneuriat. « En créant leur propre entreprise, ils s’assurent de travailler dans un lieu qui leur ressemble, c’est-à-dire qui rassemble leurs divers intérêts et leur permet d’exprimer leurs nombreuses forces. »

Vous croyez être HP ? Que vous ayez un diagnostic ou pas, voici un dernier conseil de Julie Rivard : pour être heureux au travail, apprenez à canaliser vos « hyper caractéristiques » et choisissez d’œuvrer dans un milieu qui vous stimule à la hauteur de vos extraordinaires capacités !