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Hey ! Es-tu ben dans ton coton ouaté ?

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Je ne compte franchement plus le nombre de personnes qui, fort gentiment par ailleurs, m’accostent pour me demander : « Coudonc, Mme Legault, vous en pensez quoi, vous, du coton ouaté de Catherine Dorion ? » On en parle partout, même à Tout le monde en parle !

Ce que j’en pense ? Bien humblement, que c’est de très loin le « débat » politique le plus insignifiant qui soit ! La députée de Québec solidaire peut bien porter ce qu’elle veut à l’Assemblée nationale : coton ouaté, bottes Doc Martens, veston du Village des valeurs, etc. Elle peut même se teindre les cheveux en carotté vert, si ça lui chante. À ses électeurs d’en juger.

Théâtre

Les députés à veston et cravate (optionnelle), eux, portent toujours cette même combinaison. Ils font ainsi leur petite vie de parlementaire sans que leurs vêtements fassent débat. Du moins, plus maintenant. Car il fut un temps, dans ma prime jeunesse, où certains élus se pointaient en sandales, ou même... en coton ouaté.

La politique étant aussi du théâtre — désolée de vendre le punch —, ce que j’y vois cependant comme analyste est l’immense talent de Catherine Dorion dans le département du marketing politique. Catégorie : « parlez de moi en bien ou en mal, mais parlez de moi ». Un grand classique. À preuve, j’en parle.

Or, ce qui compte n’est pas ce que Mme Dorion porte, mais ce qu’elle dit. Et ce qu’elle dit est souvent pertinent. Malheureusement, ça se gâte lorsqu’elle verse sans hésiter dans l’art prisé du Fake News. Dans le domaine, son numéro de victime rebelle de Québecor, l’empire du Mal à ses yeux, est particulièrement bien rodé.

Idem pour son sous-thème préféré : le vaste complot d’« autocensure » dont ses artisans seraient tous coupables, dont moi-même, j’imagine, par crainte présumée d’indisposer Lucifer en personne, PKP. Comme quoi, en politique, le jupon de la démagogie peut aussi fort bien dépasser d’un coton ouaté...