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Les midibus belges sont «aussi fiables» que les bus hybrides québécois, assure le RTC

Les midibus belges sont «aussi fiables» que les bus hybrides québécois, assure le RTC
PHOTO JEAN-FRANCOIS DESGAGNES

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Les midibus belges achetés par la Ville de Québec n’ont pas fréquenté le garage plus souvent que les bus hybrides standards et articulés de la compagnie Nova Bus durant leur période de rodage, affirme le RTC, qui a tenu à «rétablir la vérité» jeudi. 

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Qualifiés de «citrons» par l’opposition en raison des 350 problèmes signalés en huit mois, les 46 midibus de 31 pieds qui ont été mis en service jusqu’à présent – sur les 64 qui ont été commandés – ont déjà parcouru plus d’un million de kilomètres dans les rues de la capitale. 

«Les midibus de Van Hool et les bus de 40 pieds hybrides de Nova Bus, présentement, font le même travail et sont aussi fiables. C’est le constat qu’on a. Juste en octobre, on voit que les midibus ont parcouru en moyenne le même kilométrage que les autobus Nova. Si vous vous promenez à Québec, vous allez les voir partout dans la ville», a déclaré le directeur général du RTC, Alain Mercier, en conférence de presse.   

Un graphique avec l’indicateur de performance MDBF (Mean distance between failures ou distance moyenne avant un bris) a également été dévoilé lors d’un plénier avec les élus en après-midi. Il présente des courbes «similaires entre le nombre de kilomètres parcours et les signalements pour la période d’intégration», a fait valoir M. Mercier, rappelant que la majorité des signalements pour les midibus (261 sur 350) n’ont eu aucune incidence sur la clientèle.  

Depuis la livraison de la tête de série au RTC en janvier 2018, 149 demandes de modifications ont été acheminées à Van Hool et 90 % d’entre elles ont été effectuées jusqu’à présent. Il s’agit d’un processus tout à fait «normal» pour l’intégration d’un nouveau véhicule, a-t-on fait valoir. Quatorze midibus ont dû être remorqués, à ce jour, en raison d’un problème majeur. 

«Moi, je suis très confortable avec les véhicules qu’on a. Ils font la job. Les faits sont là; ils roulent à tous les jours, j’ai parlé aux clients, aux chauffeurs, tout marche. Même durant la tempête, mardi, il y a des midibus qui roulaient comme tous les autres bus au RTC», a plaidé M. Mercier.  

«Incompétents et apprentis sorciers» 

Le maire Régis Labeaume a déploré en plénier le discours alarmiste des «apprentis sorciers» et des «incompétents» qui parlent de choses «qu’ils ne connaissent pas» dans les médias depuis quelques semaines, au sujet des midibus. Il visait, sans le dire, ses adversaires de l’opposition.  

Le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, n’a pas été convaincu par les explications en plénier et continue de soutenir que la situation est anormale et que les midibus ne sont «pas fiables». «Aussitôt que la garantie va être terminée [dans 24 mois ou 120 000 km], ce sont les citoyens de Québec qui devront payer pour les midibus en panne et tous les problèmes qu’on aura», s’est-il insurgé.  

Van Hool, seul soumissionnaire 

Jean-François Gosselin a également déploré que le contrat de 51 M$ ait été accordé au seul et unique soumissionnaire, Van Hool, au terme du processus d’appel d’offres international.  

Alain Mercier a répondu que très peu de manufacturiers produisent des autobus de 30 pieds, lesquels avaient été ciblés pour répondre aux besoins du RTC sur des parcours moins achalandés ou des parcours où les autobus standards peinent à se faufiler en raison de l’étroitesse des rues, notamment dans le Vieux-Québec.  

Nova Bus, au Québec, n’en fabrique pas et la compagnie New Flyer a délaissé ce marché. Seule l’entreprise Eldorado, en Californie, s’était rendue au bout du processus avant de se retirer en raison des investissements trop importants qu’elle devait faire pour rendre son modèle conforme aux exigences du RTC. 

Le directeur général de l’Association du transport urbain du Québec (ATUQ), Marc-André Varin, est venu de Montréal pour épauler les dirigeants du RTC durant le plénier. «Le processus qui a été suivi est tout à fait conforme, dans les règles de l’art, sinon ils n’auraient pas obtenu les approbations du gouvernement. Le processus ici est très rigoureux et à certains égards, plus rigoureux qu’ailleurs dans certaines villes canadiennes», a-t-il observé.  

Rousseau à moitié rassuré 

Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, s’est montré en partie rassuré à la suite de l’exercice pédagogique effectué en après-midi. Il se questionne cependant toujours sur la performance du véhicule en hiver. 

«Je suis prêt à affirmer que ce ne sont pas des citrons. Par contre, ce sont des véhicules fragiles avec de nouvelles technologies. On sait qu’ils sont capables de monter des côtes sans que la batterie explose, c’est déjà un gros plus par rapport aux écolobus», a-t-il ironisé. 

«La première tempête a été assez costaude et ils sont passés au-travers comme tous les autres autobus, a rétorqué le président du RTC, Rémy Normand. Nous, on est convaincus du produit qu’on a acheté. Une fois qu’on a dit ça et que l’oppostion n’est pas convaincue, je ne peux pas faire plus que ça. Moi, je pense que la démonstration était éloquente.»