/finance/news
Navigation

Perdre son emploi deux mois avant le temps des Fêtes

1114-dvp
Illustration Adobe Stock

Coup d'oeil sur cet article

Alexandre et Éloïse sont les parents de deux jeunes enfants. Ils ont récemment acheté une maison, et bien qu’ils travaillent tous les deux, ils sont loin de rouler sur l’or. Leur situation se complique encore davantage quand Alexandre perd son emploi, deux mois avant Noël.

Alexandre espère retrouver un poste rapidement, mais il doute de pouvoir y parvenir avant les Fêtes. Le couple s’attend à devoir faire face à un important manque à gagner pendant environ trois mois et se demande comment il pourra traverser la tempête. Ils sont donc allés consulter un spécialiste en insolvabilité pour trouver des solutions et des réponses à leurs nombreuses questions.

Quelle dette privilégier ?

Avec leurs deux cartes de crédit, marge et prêt personnel, le couple fait face à une dette de 25 800 $, avec des taux d’intérêt variant de près de 15 % à environ 8 %. À cela s’ajoute leur hypothèque de 1475 $ par mois, avec un solde de 220 000 $. Alexandre et Éloïse disposent d’un petit coussin financier, mais il ne leur permettra de voir venir que durant un mois.

Dans ces conditions, ils se demandent quelles dettes ils devraient privilégier. « Un défaut dans les remboursements hypothécaires peut mener à des avis légaux et, en cas de non-paiement, à une reprise de la maison par la banque. La dernière chose à faire est donc de négliger ces paiements et tout ce qui pourrait constituer un défaut en vertu du contrat hypothécaire : taxes foncières, assurances, frais de condo, etc. », prévient Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité, président de Jean Fortin et Associés.

Quant aux cartes de crédit, leur taux d’intérêt élevé devrait nous inciter à rembourser le solde complet chaque mois pour éviter d’ajouter des coûts supplémentaires. Un paiement en retard ? Non seulement le taux d’intérêt pourrait être augmenté par l’émetteur de la carte, passant ainsi de 14 % à 19 % dans le cas d’Alexandre, mais le dossier de crédit va en pâtir également avec une cote de R-2 pendant six longues années. Un défaut de paiement est donc là aussi à éviter autant que possible.

Demander un prêt ?

En examinant le budget du couple, l’expert en insolvabilité a calculé que les paiements hypothécaires et les dépenses courantes pourront être assumés par le salaire d’Éloïse et les versements d’assurance-emploi d’Alexandre. Mais le paiement minimal mensuel des dettes de consommation représente près de 650 $, une somme dont ils ne disposent pas.

Pourraient-ils demander un prêt de 1940 $ (3 X 646 $) à leur institution financière pour les aider à traverser cette période de chômage ? Pierre Fortin doute qu’ils réussissent à l’obtenir, car leur ratio d’endettement a été augmenté à cause de la baisse de revenus d’Alexandre.

« C’est pour cette raison que l’on recommande aux gens de demander une marge de crédit quand leurs finances vont bien, en prévision des mauvais jours, même si un fonds d’urgence constitue tout de même la voie à privilégier pour pallier les imprévus », dit-il.

Le couple a finalement décidé de compter sur ses propres ressources et de faire les sacrifices nécessaires pour traverser cette mauvaise passe.

Les solutions à mettre en œuvre

Le premier mois de paiement des dettes sera effectué à même l’indemnité de vacances que recevra Alexandre lors de son licenciement. Cela signifie que la famille ne pourra pas compter sur ce budget vacances l’été prochain.

Pour le deuxième mois, il sera payé en partie avec les 200 $ encore disponibles sur leur marge de crédit (montant actuel de 5800 $ sur un maximum de 6000 $) et avec les 400 $ que reçoit la famille chaque année sous forme de cadeaux en argent par leurs parents. Un budget sera tout de même conservé pour acheter les cadeaux des enfants à Noël.

Pour le troisième mois, Pierre Fortin leur a conseillé de demander à leur institution financière de reporter un paiement hypothécaire. « Plusieurs banques offrent cette solution à leurs clients aux prises avec un problème personnel (maladie, perte d’emploi, sinistre, etc.), une mesure qui demeure exceptionnelle. Puisqu’Alexandre n’y a jamais eu recours jusqu’ici, il y a de bonnes chances qu’il puisse s’en prévaloir », mentionne le syndic.

La demande a été acceptée et le couple a donc pu libérer une somme de 1242 $, soit la portion hypothèque du paiement mensuel, excluant les intérêts. Si Alexandre trouve un nouvel emploi dans les trois prochains mois, ils auront réussi à rester à flot malgré la baisse de revenus.

Leur endettement