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Vietnam: un professeur de musique condamné à onze ans de prison pour avoir porté «atteinte» au régime

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Hanoï | Un professeur de musique a été condamné vendredi à onze ans de prison au terme d’un procès expéditif au Vietnam, accusé d’avoir «porté atteinte» au régime communiste qui ne cesse de durcir sa répression contre les opposants. 

Nguyen Nang Tinh, 42 ans, enseignant dans un collège, a été arrêté en mai dans la province de Nghe An (centre). 

Il a été condamné à onze ans de détention pour avoir diffusé des «pensées hostiles» à l’État sur sa page Facebook, a-t-on appris auprès de son avocat, Nguyen Van Mieng. 

La peine est «trop sévère», a déclaré ce dernier à l’AFP, estimant que les procureurs ne disposaient pas de suffisamment de preuves pour relier le compte Facebook incriminé à son client. 

Mon fils n’a fait qu’«élever la voix contre l’injustice», a commenté de son côté son père Nguyen Ngoc Dinh, qualifiant le procès de «ridicule». 

Le professeur avait notamment publié en 2016 sur les réseaux sociaux un article sur une entreprise sidérurgique taïwanaise à l’origine d’un déversement toxique qui a tué des tonnes de poisson au centre du Vietnam. 

Une autre dissidente, arrivée de Thaïlande, a été retenue huit heures vendredi à l’aéroport d’Hanoï. Dinh Thao, virulente critique du régime, vit à l’étranger depuis plusieurs années et travaille pour une organisation vietnamienne de défense des droits humains. 

Les autorités lui ont confisqué son passeport avant de la remettre en liberté, selon son mari Phillip. 

Le régime communiste, à parti unique, multiplie les arrestations et condamnations depuis l’arrivée au pouvoir en 2016 d’un nouvel exécutif conservateur. 

Au moins 128 prisonniers politiques sont actuellement en détention, d’après Amnesty International. Un nombre largement sous-évalué d’après une autre ONG, mais impossible à vérifier en l’absence de toute statistique officielle. 

Le pays, qui ne compte aucun média indépendant, a voté en 2018 un projet de loi sur la cybersécurité qui limite encore davantage la liberté d’expression. 

Le texte, qui n’est pas encore entré en vigueur, oblige les plateformes du web à retirer sous 24 heures tous les commentaires considérés par le régime comme une menace à la «sécurité nationale». 

Elles sont également dans l’obligation de stocker les informations personnelles et les données des utilisateurs et de les transmettre aux autorités si on le leur demande.