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Le secret coréen du succès

Euny Hong
Photo courtoisie

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Euny Hong, une femme brillante et cultivée, qui parle aussi quatre langues, le décortique dans Le livre du Nunchi, traduction française de son méga best-seller The Birth of Korean Cool. Le nunchi, explique-t-elle est l’art de comprendre ce que les autres pensent et ressentent, et d’utiliser ce savoir pour guider ses actions.

<b><i>Le livre du Nunchi</i></b><br/>
Euny Hong<br/>
Les Éditions de l’Homme<br/>
208 pages
Photo courtoisie, Les éditions de l'homme
Le livre du Nunchi
Euny Hong
Les Éditions de l’Homme
208 pages

Pour y arriver, il faut ouvrir ses yeux et ses oreilles et observer, décoder, analyser rapidement tout ce qui se passe autour de soi et l’utiliser à son avantage. Une méthode utile aussi bien en milieu de travail, explique-t-elle, que pour trouver l’amour.

En entrevue, Euny Hong décortique ce super pouvoir qui intrigue tant de gens. Est-ce un secret que le monde occidental ne connaît pas ? « Le mot nunchi est constamment mentionné dans la culture coréenne, tandis qu’il ne l’est presque jamais dans le monde occidental. Pourtant, le concept est universel : on appelle cela le tact, l’intelligence émotionnelle ou l’intelligence situationnelle. »

En Corée, le nunchi fait référence à l’endroit dans lequel on se trouve, en plus des gens qui s’y trouvent. « On reconnaît que chaque pièce a sa propre ambiance, ou atmosphère : il s’agit de prendre la température de la situation, en quelque sorte. »

En observant attentivement ce qui se passe, il s’agit d’identifier la dynamique du groupe et d’agir en conséquence. « Aider une autre personne à se sauver la face est un élément très important dans la culture coréenne, par exemple. »

« Il s’agit d’utiliser ses yeux et ses oreilles », précise-t-elle. Par exemple, en entrant dans une pièce où se trouve une dizaine de personnes, comment faudrait-il agir en fonction du nunchi ? « Il faudrait être sur le seuil et prendre une image mentale de la pièce, pour voir exactement qui s’y trouve. Et puis il faut détecter l’ambiance de la pièce. »

Le nunchi peut s’appliquer dans la vie professionnelle, la vie familiale, et même dans la vie amoureuse. « Quand deux personnes sont incompatibles, le nunchi ne peut rien faire. Mais il y a des problèmes dans un couple qui déclenchent une discussion houleuse et cela survient quand l’une des personnes ne dit pas exactement ce qu’elle pense, parce qu’elle se sent vulnérable. Avec le nunchi, il faut apprendre à décoder, à lire entre les lignes. »

Comment peut-on améliorer son nunchi ? « La prochaine fois que vous irez dans une réunion ou une activité sociale, remarquez combien de temps vous pouvez rester silencieux. Faites-en l’expérience. Si vous tenez seulement 2-3 secondes, votre nunchi n’est pas bon. Ensuite, quelles sont les émotions que vous ressentez dans votre propre corps ? Il faut apprendre à se fier à son ressenti. »

Euny Hong recommande aussi d’appliquer une excellente règle du nunchi : ne manquez pas une occasion de rester silencieux. « Le président Trump, par exemple, a bien des problèmes qui sont pires qu’avoir un mauvais nunchi. Mais... attardons-nous à la partie nunchi. Il empire toujours son cas parce qu’il n’est pas capable de se la fermer », dit-elle.

 « Il a des traits de personnalité qui sont très typiques des gens qui ont vraiment un mauvais nunchi. »

♦ Euny Hong est journaliste et auteure du succès The Birth of Korean Cool, maintenant traduit en français.

♦ Elle partage sa vie entre New York et Paris.