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Legault en a beurré trop épais

Il a été accusé d’empêcher Desjardins d’être entendue par une commission

Periode des questions
Photo Simon Clark

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine. 


L'ÉNONCÉ 

Le premier ministre François Legault s’est fait accuser jeudi d’avoir empêché une commission parlementaire d’entendre Desjardins concernant la fuite massive de données.  

Il s’est défendu en affirmant « qu’en un an le gouvernement de la CAQ a accepté plus de mandats d’initiative dans les commissions que le gouvernement libéral pour les quatre dernières années. Donc, on n’a pas de leçons à recevoir. »  

Desjardins sera toutefois convoquée jeudi prochain, après qu’une motion passée selon les termes du gouvernement a été adoptée. 

Les mandats d’initiative permettent aux commissions parlementaires, composées de députés du gouvernement et de l’opposition, de choisir par elles-mêmes d’étudier des projets de règlement, des orientations, la gestion des ministères ou tout autre sujet d’intérêt public.  

Les plus récents mandats portaient notamment sur l’avenir des médias ou le recyclage du verre, par exemple. 

LES FAITS 

 

Une compilation de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale révèle que les commissions parlementaires ont accepté 18 mandats d’initiative pendant le mandat du gouvernement libéral de Philippe Couillard. 

Depuis l’élection du gouvernement de François Legault, les commissions parlementaires en ont accepté cinq, dont la prolongation d’un mandat adopté pendant la dernière législature qui n’était pas terminé. 

Ainsi, même si les commissions parlementaires avaient accepté toutes les propositions de mandat d’initiative depuis l’élection de M. Legault, elles n’auraient pas atteint les 18 réalisées pendant le dernier mandat libéral. 

Le chiffre de la semaine : 78,5 

C’est le nombre moyen de jours entre la tenue d’une élection générale fédérale et le retour des députés à la Chambre des communes. 

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé mardi que les travaux parlementaires reprendront le 5 décembre, soit 45 jours à partir du scrutin à la suite duquel un gouvernement libéral minoritaire a été élu.  

Selon la Bibliothèque du Parlement, la période la plus courte entre une élection et la première séance de la nouvelle législature a duré 21 jours en 1988 après la réélection de Brian Mulroney. L’attente la plus longue a été de 233 jours, soit plus de sept mois, suivant l’élection de John A. Macdonald en 1882. 

– Sarah Daoust-Braun