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Trains du REM fabriqués à rabais en Inde : gênant, déplore Nadeau-Dubois

Trains du REM fabriqués à rabais en Inde : gênant, déplore Nadeau-Dubois
Simon Clark/Agence QMI

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Les Québécois devraient «être gênés» de voir que leurs cotisations à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) servent à encourager des entreprises comme Alstom, qui fait assembler les trains du Réseau express métropolitain (REM) en Inde, en offrant des salaires dérisoires.  

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Tel que rapporté dans nos pages, samedi, dans la ville industrielle indienne de Sri City, où jamais aucun syndicat n’a réussi à s’implanter, les sous-traitants de la multinationale française avec qui la CDPQ fait affaires reçoivent bien peu pour contribuer à la fabrication des rames du futur Réseau express métropolitain. 

Les femmes de ménage doivent vivre avec 144 $ par mois, alors que les commis d’entrepôt gagnent à peine 40 $ de plus par mois. Certains ingénieurs d’Alstom rencontrés en Inde par une collègue de l’AFP-Services gagnent jusqu’à 810 $ canadiens par mois. Les électriciens et responsables d’inventaires reçoivent pour leur part que 460 $ par mois.   

«C’est une démonstration d’à quel point notre système économique fonctionne mal», a réagi le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, en marge du congrès de sa formation politique, qui se déroule à Longueuil.    

Mauvais aussi pour l’environnement  

«C’est la bonne vieille recette du libre-échange néolibéral, c’est-à-dire qu’on délocalise des emplois dans des pays où les coûts de production sont moins élevés», regrette-t-il.    

«Concrètement, des coûts de production moins élevés, ça veut dire des moins bons salaires et moins de protection environnementale», a-t-il observé.    

«On devrait être gênés que nos cotisations à la Caisse de dépôt et placement du Québec servent à financer des industries comme celle-là», considère en somme l’élu solidaire de Gouin.     

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Legault devant ses propres contradictions  

Selon M. Nadeau-Dubois, une pareille situation place le premier ministre François Legault «devant ses [propres] contradictions».    

Lorsqu’il est revenu en politique avec la Coalition avenir Québec, l’ex-vice-président de la CDPQ Christian Dubé, devenu président du Conseil du trésor, s’était dit «très à l’aise» avec la décision de faire construire les wagons du REM en Inde.    

En juin dernier, M. Legault avait aussi dû s’excuser après avoir fait peu de cas de la relocalisation en Inde de certaines activités du fabricant de robinetterie Velan, qui s’est traduite par la perte de 200 emplois à Montréal.    

«Pourtant, on le voit bien à quel point c’est absurde, ce système-là, un système où on a une institution publique, la Caisse de dépôt et placement, qui fait une infrastructure de transport en commun et qui, parce qu’on adhère aveuglément au système économique actuel, va faire construire des trains à l’autre bout du monde... C’est complètement ridicule», regrette M. Nadeau-Dubois.    

Le co-porte-parole de QS espère que le changement de garde à venir à la tête de la CDPQ permettra d’effectuer un virage, en mettant «la question de la justice sociale puis du développement de l’économie locale au cœur» de son mandat.