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Le faux débat des commissions scolaires

gouvernance scolaires
Photo Simon Clark Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge lors des consultations publiques sur le projet de loi 40, modifiant la loi sur l’instruction publique, le lundi 4 novembre 2019.

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Des milliers de parents au Québec vivent dans l’angoisse. Une angoisse alimentée par leur impuissance. Ils attendent de savoir dans quelle école secondaire, quel programme, leur enfant aboutira.  

Je dis bien aboutira, parce que trouver une école secondaire potable pour un enfant normal relève souvent du parcours du combattant.  

Les écoles privées accueilleront à bras ouverts les ados de familles nanties qui excellent à l’école.   

Les bollés de la classe moyenne profiteront des programmes particuliers au public.   

Les ultra-sportifs se tourneront vers sports-études, non pas parce qu’ils rêvent de se rendre aux Olympiques, mais pour éviter à tout prix les classes régulières.  

Voilà où on en est rendus. La peur bleue de l’école secondaire publique régulière !  

On croirait que ce triste état de fait mobiliserait toutes les ressources d’un gouvernement qui a fait de l’éducation SA priorité. Mais non, la priorité, c’est d’abolir les élections scolaires.  

Le brassage de structures  

C’est ainsi qu’on discute conseils d’administration, comité d’engagement, centralisation, décentralisation, centres de services, octroi de contrats. On parle de territoire, de pouvoirs.  

La réussite scolaire, la pédagogie, l’égalité des chances ? Il faut croire que ça viendra après.  

Voyez-vous, c’est la beauté des grands brassages de structures, ils évitent de parler du fond du problème : notre système d’éducation à trois vitesses.   

L’éléphant dans la pièce  

Le Mouvement L’école ensemble qui regroupe plus de 400 parents a bien défini le problème : la ségrégation scolaire. Car l’accès à une éducation de qualité dépend maintenant du revenu des parents et des talents des enfants.   

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Si votre enfant est juste moyen à l’école, moyen en sports, moyen en arts, oubliez ça !   

Il est là, le nœud. L’égalité des chances que doit consacrer l’éducation publique n’existe plus vraiment. Un enfant qui n’aime pas l’école au primaire se retrouve dans un programme régulier au secondaire avec les démotivés, les défavorisés, ceux qui ont un problème d’apprentissage. Condamné à la troisième classe.   

Vous trouvez que j’exagère ? Parlez-en aux parents de l’Outaouais.  

Tout ça parce qu’aucun gouvernement n’a osé s’attaquer à l’incongruité des écoles privées subventionnées.   

Celles-ci ont fini par cannibaliser l’école publique, la forçant à développer des programmes contingentés, voire même payants. Une vaste roue qui tourne, qui accentue les inégalités et qu’on préfère ignorer.   

Mais un tel débat mettrait fin à la lune de miel de n’importe quel gouvernement. Alors on parle structures.   

On promet de sauver des millions.   

Et on se met la tête dans le sable.