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Le temps arrange les choses

Carbonneau fraternise avec Gainey et Savard

Guy Carbonneau en présence de l’entraîneur Jean Perron et du capitaine Bob Gainey.
Photo d’archives Guy Carbonneau en présence de l’entraîneur Jean Perron et du capitaine Bob Gainey.

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La cérémonie d’intronisation de Guy Carbonneau au Panthéon du hockey pourrait donner lieu à une belle surprise demain soir. Son ancien compagnon d’armes et ancien patron Bob Gainey serait celui qui prononcerait l’allocution en son honneur.

On sait que l’association entre les deux hommes s’est mal terminée. Il y a 10 ans, Gainey a relevé Carbonneau de ses fonctions d’entraîneur du Canadien alors que l’équipe était menacée de rater les séries. Le Tricolore s’était qualifié de justesse avec Gainey derrière le banc.

De voir les deux à nouveau ensemble bouclerait la boucle.

« Quand je n’aime pas quelque chose, je n’aime pas. Mais je suis assez mature pour changer d’idée », dit Carbonneau.

Même chose avec Savard

Carbonneau trace un parallèle entre son congédiement comme entraîneur et l’échange par lequel il était passé du Canadien aux Blues de St. Louis.

Deux jours avant l’épisode du doigt d’honneur, Serge Savard avait eu une réponse cinglante quand on lui avait demandé s’il entendait offrir un nouveau contrat à Carbonneau.

Dans une répartie qui voulait dire que Carbonneau prenait de l’âge, Savard avait déclaré que son capitaine passerait dans le tordeur comme tous les joueurs qui ont fait la renommée de l’organisation.

« Nos rapports ont été froids pendant quelques années après l’échange, raconte Carbonneau.

« Aujourd’hui, on a une belle relation. On se rappelle de beaux souvenirs. C’est la même chose avec Bob. »

Carbonneau et Gainey derrière le banc du CH.
Photo d’archives
Carbonneau et Gainey derrière le banc du CH.

Encore dans le noir

Carbonneau a tenu rigueur à Gainey un bon moment. Le jour de son licenciement, il avait déclaré que la vérité éclaterait un jour. Neuf ans plus tard, il affirme n’en savoir toujours rien.

« On ne m’a jamais donné la vraie raison, indique-t-il.

« J’aurais préféré qu’on me dise que je n’étais pas bon plutôt que de rien me dire. C’est juste ça. »

Guy Carbonneau en présence de l’entraîneur Jean Perron et du capitaine Bob Gainey.
Photo d’archives

Pression d’en haut ?

Gainey a peut-être subi de la pression d’en haut, à savoir de George Gillett et de Pierre Boivin.

« Je pense que Bob a paniqué, enchaîne Carbonneau.

« On lui a peut-être dit qu’il perdrait son poste advenant une exclusion des séries. Bob m’avait dit la semaine avant que je ne serais pas mis à la porte tant qu’il ne le serait pas lui-même. C’est le genre de chose qui te reste en tête.

« Il faut se rappeler aussi que l’équipe était à vendre à ce moment-là. »

Guy Carbonneau en présence de l’entraîneur Jean Perron et du capitaine Bob Gainey.
Photo d’archives

Plus rien à faire

Quelques mois plus tard, Geoff Molson s’amenait avec ses partenaires d’affaires. Carbonneau, lui, était encore ébranlé par ce qu’il avait vécu.

« J’ai trouvé difficile d’être échangé. Je ne l’avais jamais été jusque-là, reprend-il.

« Je n’avais jamais été mis à la porte avant d’être congédié. Dans un cas comme dans l’autre, je ne savais pas comment réagir. J’en ai discuté avec Jacques Demers, Mario Tremblay qui sont passés par là.

« J’ai compris que ce qui est fait est fait. Dans de telles situations, il ne faut pas chercher à tout savoir. Ça n’en vaut pas la peine. »

L’épisode du doigt d’honneur : une leçon de vie

Comme dans toutes choses, la carrière d’un athlète est faite de hauts et de bas. Quand on demande à Guy Carbonneau s’il a des regrets quelconques, il revient sur l’épisode du doigt d’honneur.

Les moins jeunes se souviennent de cette photo à la une du Journal de Montréal où il montrait le majeur au photographe retraité Normand Pichette. La scène avait été croquée en 1994 au club de golf de Rosemère, trois jours après l’élimination du Canadien aux mains des Bruins au premier tour des séries.

Carbonneau était flanqué de Patrick Roy et Vincent Damphousse. Il possède la photo dans ses albums. S’il regrette son geste depuis toujours, il n’a pas apprécié l’article qui accompagnait le cliché.

« J’aurais aimé qu’on me donne la chance de m’exprimer », déplore-t-il encore 25 ans plus tard.

Des bagues de la collection de Guy Carbonneau.
Photo d’archives
Des bagues de la collection de Guy Carbonneau.

Expérience de vie

S’il parle de cet incident, c’est qu’il le considère comme quelque chose faisant partie de sa vie.

« Quand on pose des gestes, il faut vivre avec, les bons comme les mauvais, dit-il.

« J’ai commis une faute. Est-ce que cette photo valait une première page ? Non. Si l’article avait été écrit d’une autre façon, ça aurait peut-être mieux passé.

« Une fois que c’est fait, ça s’inscrit dans les expériences de la vie. Tu apprends. »