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Monique Lépine s'ouvre sur la tuerie de son fils à Polytechnique

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La mère de Marc Lépine, Monique Lépine, a raconté dimanche son parcours à la suite de la tuerie perpétrée par son fils à l’École polytechnique de Montréal il y a 30 ans, tout en critiquant le manque d’appui reçu après ce terrible événement. 

Le 6 décembre 1989, Marc Lépine est entré dans une salle de classe et a tué 14 jeunes femmes dans une attaque au caractère misogyne et antiféministe. 

Trente ans plus tard, sa mère est en paix avec cette tragédie. «J’ai fait mon deuil. [...] J’ai fait la paix avec moi-même, avec les autres et avec l’événement aussi», a confié à TVA Nouvelles celle qui a décidé d’écrire un livre sur son cheminement. 

Encore aujourd’hui, Mme Lépine peine à expliquer le geste posé par son fils, qu’elle n’a jamais vu venir. En entrevue, elle explique qu’il a subi plusieurs sentiments de rejets au cours de sa vie, que ce soit face à son père violent, ses parents divorcés ou ses échecs amoureux, ce qui pourrait l’avoir amené à refouler sa colère, jusqu’à ce qu’elle éclate. 

Par ailleurs, Monique Lépine n’a pas souhaité commenter la décision de modifier la plaque commémorative rendant hommage aux victimes pour y inscrire qu’elles ont été la cible d’une attaque antiféministe. 

«Je suis au-dessus de toutes ces choses-là. Si la société veut absolument une plaque antiféministe, qu’elle la mette. Si la société veut seulement focusser sur l’événement, bien qu’elle focusse là-dessus», a-t-elle dit. 

Pas de soutien 

Mme Lépine a aussi déploré ne pas avoir reçu de soutien au lendemain de la tragédie commise par son fils. 

«Le gouvernement nous considère comme des criminels», a dénoncé celle qui se décrit comme une «victime collatérale» de la tuerie. 

«En plus du fait d’avoir perdu un enfant, on n’a pas droit aux services. Même si j’ai payé mes taxes toute ma vie, que je n’ai jamais manqué une journée de travail et que j’ai été infirmière pendant 40 ans, je n’ai pas droit à une seule aide psychologique», a expliqué Mme Lépine. 

«Les victimes directes et indirectes reçoivent de l’aide. Les victimes comme moi, qui ne sont pas du “bon côté”, nous n’avons même pas droit aux services de l’Indemnisation des victimes d’actes criminels et aux services sociaux organisés», a-t-elle ajouté. 

Monique Lépine est parvenue à affronter la tragédie causée par son fils en se tournant vers la spiritualité et Jésus. «J’ai voulu transcender ma souffrance en faisant un cheminement spirituel qui m’a amenée à pardonner et à vivre en ayant des valeurs différentes [...] Sinon, je serais morte», a-t-elle raconté. 

«J’en profite pour encore offrir ma sympathie aux 14 familles qui ont été affectées par le geste de mon fils», a aussi mentionné Mme Lépine, qui lancera jeudi prochain son livre, Renaître.