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Jackson et les Ravens en feu

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Photo AFP Lamar Jackson s’est bien ressaisi après un début de rencontre où il n’a complété qu’une de ses six premières passes. Il a ensuite réussi les 13 suivantes en plus de courses époustouflantes.

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Lamar Jackson a poursuivi sa quête spectaculaire vers le titre de joueur le plus utile dans la NFL et les Ravens ont piétiné les Texans, pourtant une grosse équipe, comme de vulgaires détritus sur leur route vers les séries. Ces Ravens, avec leur quart-arrière qui défie toute logique, n’en finissent plus de sortir le rouleau compresseur. 

La saison dernière et en début de campagne cet automne, Jackson a été scintillant, mais souvent contre des défensives douillettes, ce qui forçait à remettre ses statistiques extraordinaires en perspective.  

Plus la saison progresse, moins il devient possible de douter de ses aptitudes de superhéros.  

Le 20 octobre, Jackson et les Ravens sont allés battre les Seahawks dans leur impénétrable forteresse, à Seattle, par 14 points. Deux semaines plus tard, ils inscrivaient 37 points aux dépens de la défensive jusque-là imperturbable des Patriots.  

Et voilà qu’ils viennent d’anéantir les Texans, pourtant victorieux dans quatre de leurs cinq derniers matchs. Dans cette raclée sans nom, ils ont gagné 491 verges (dont 263 au sol) contre 232, n’ont pas laissé les Texans visiter une seule fois la zone payante, forcé deux revirements et réussi sept sacs du quart.  

Ce qui s’annonçait comme un duel palpitant de quarts-arrière est vite devenu une boucherie. Le vis-à-vis de Jackson, Deshaun Watson, a encore dû courir pour sauver sa peau et n’a jamais pu offrir le spectacle attendu entre ces deux athlètes d’exception. En variant les couvertures et les blitz contre lui, les Ravens ont semé la confusion et ont rappelé que leur défensive, même si elle n’a pas toujours été constante cette saison, ne se laisse jamais intimider par l’aura de l’adversaire devant elle. 

Cette sixième victoire de suite constitue la plus longue séquence de l’équipe depuis l’édition championne de 2000, qui avait remporté sept matchs consécutifs. 

Le spectacle Jackson 

Jackson a de nouveau enrichi sa candidature pour l’honneur de joueur par excellence avec une étincelante performance, comme lui seul a le don d’en offrir, avec 222 verges par la passe, 86 verges au sol et quatre passes de touché. 

Plusieurs craignaient que Jackson devienne un quart-arrière trop accroché à sa première lecture de jeu, mais hier, il a distribué le ballon à neuf receveurs différents, comme quoi il sait repérer la cible ouverte dans différentes zones sur le terrain. 

Pour Jackson, il s’agit d’un deuxième match cette saison avec au moins quatre passes de touché, ce qui s’avère un record de franchise.  

Cet automne, il montre un ratio exceptionnel de 19 passes de touché contre cinq interceptions. Ses 788 verges au sol le mènent tout droit vers un record de ligue, détenu par Michael Vick (1039 verges) depuis 2006. 

En route vers un rare exploit 

Les doutes ont été maintes fois exprimés au sujet de Lamar Jackson, y compris dans ces pages. Mea culpa ! Il devient de plus en plus difficile d’être sceptique à force que les gains pimentés de performances colossales s’accumulent contre des équipes de qualité. 

Sur le long terme, ce type de quart-arrière atypique finit souvent par être rattrapé par les coordonnateurs défensifs, mais en ce moment, Jackson a une belle longueur d’avance.  

S’il devait décrocher le titre de joueur par excellence, il deviendrait le premier depuis le légendaire porteur de ballon Jim Brown à hériter de pareil honneur à 22 ans. Il n’a rien du quart-arrière conventionnel et il a tout pour créer une vague sans précédent à sa position s’il poursuit son ascension à ce rythme effréné. 

Les gagnants 

Lamar Jackson 

Il a encore déculotté une défensive au grand complet sur une course folle de 39 verges. Il a été productif au sol et par la passe. Vous n’en pouvez plus de le voir chaque lundi dans cette rubrique ? Essayez donc de le freiner... 

Dak Prescott 

Le quart-arrière des Cowboys a brillé avec 444 verges et trois passes de touché. Il s’agissait déjà pour lui d’un quatrième match avec au moins 375 verges et deux touchés cette saison. Seul Peyton Manning a fait mieux avec six matchs de la sorte en 2013. 

Les Vikings 

Ils n’auraient jamais dû se compliquer la vie de la sorte face aux Broncos, mais il faut quand même souligner qu’ils sont la première équipe à combler un déficit de 20 points depuis 2015. Dans les cinq dernières saisons, les équipes en retard de 20 points ou plus montraient un dossier de 0-99. 

Jimmy Garoppolo 

Le quart-arrière des 49ers a été capable du pire (deux interceptions), mais surtout du meilleur (quatre passes de touché et 424 verges). Il a mené la séquence finale de main de maître. 

Maxx Crosby 

L’ailier défensif recrue des Raiders a terrorisé le quart-arrière Ryan Finley avec quatre sacs du quart. Un spectaculaire choix de quatrième ronde pour les Raiders ! 

Les perdants 

Kyle Allen 

Après quatre matchs, le quart-arrière des Panthers ne montrait aucune interception. Depuis, il en a lancé neuf en quatre parties, dont quatre hier face aux Falcons. Après l’envolée, le retour sur terre sans parachute est brutal. 

Les Texans 

Les blessures dans la tertiaire s’accumulent et la défaite face aux Ravens, combinée à la victoire des Colts, ramène les deux rivaux de division sur un pied d’égalité avant le duel de jeudi soir. 

Les Broncos 

C’est criminel d’échapper une avance de 20 points en deuxième demie. Et c’est la quatrième fois cette saison que les Broncos perdent même s’ils avaient l’avance au quatrième quart. Quand même gênant ! 

Les Eagles 

La défaite face aux Patriots n’est pas embarrassante en soi, mais puisque les Cowboys ont gagné leur duel face aux Lions, les Eagles glissent au deuxième rang de leur division et s’éloignent d’une place en séries. 

Nick Foles 

Foles n’a pas été vilain face aux Colts, mais c’est tout de même raté comme retour au jeu avec une défaite dans un important match de division, ponctué d’une interception. Les Jaguars n’ont pas été dans le coup. 

5 Jeux de la semaine 

1. Toute une remontée ! 

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Photo AFP

Les Vikings tiraient de l’arrière 20-0 face aux Broncos et ont orchestré une remontée spectaculaire, en deuxième demie, pour l’emporter 27-23. Une interception en fin de première demie d’Andrew Sendejo a fait tourner le vent de côté et, au quatrième quart, le quart-arrière Kirk Cousins a été magistral avec deux de ses trois passes de touché, dont une bombe parfaite de 54 verges que Stefon Diggs (photo) a saisie puis amenée dans la zone des buts. 

2. Les Falcons réveillés 

Depuis deux semaines, les Falcons sont méconnaissables et jouent comme ils devaient le faire dès le début de l’année. Dans la victoire face aux Panthers, Kenjon Barner a donné le ton avec un touché sur un long retour de botté de dégagement de 78 verges. Ce touché a porté la marque à 10-0 et les Falcons n’ont plus jamais regardé en arrière par la suite. Une belle vengeance pour Barner contre son ancienne équipe. 

3. Costaud, Marlon Mack ! 

Les Colts ont imposé leur loi en disputant un match très physique face aux Jaguars, marqué par une prolifique récolte de 264 verges au sol. Le jeu qui illustre le mieux cette domination terrestre est un touché de 13 verges sur une course de Marlon Mack, qui a refusé de tomber en brisant trois plaqués en route vers la zone des buts, y allant de deux « spin-o-rama » au passage. Ce jeu a donné le ton au match. 

4. Gros jeu, cause perdante 

Même si les Dolphins ont subi la défaite face aux Bills, le receveur Jakeem Grant a de nouveau montré sa spectaculaire vitesse sur un long retour de botté de 101 verges jusque dans la zone des buts. Grant est apparu souvent en position d’être rattrapé par l’adversaire, mais, à chaque fois, il semblait prendre une « coche » de plus dans son explosion. Le jeu n’a pas changé le cours du match, mais il mérite d’être souligné. 

5. Jeu truqué des Patriots 

Julian Edelman, des Patriots.
Photo AFP
Julian Edelman, des Patriots.

Au troisième quart, les Patriots peinaient offensivement face aux Eagles et tiraient de l’arrière 10-9. C’est à ce moment qu’ils ont ouvert le sac à surprises avec un jeu truqué. Le receveur Julian Edelman a capté une passe latérale de Tom Brady pour ensuite réussir une passe à son tour à Phillip Dorsett au cœur de la zone des buts. Le touché a propulsé les Patriots en avant et s’est avéré celui de la victoire.