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Le nouvel entraîneur-chef de l’Impact Thierry Henry fait courir les foules

Conférence de presse très courue pour le nouvel entraîneur de l’Impact Thierry Henry

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C’est devant un parterre de journalistes jamais vu dans l’histoire de l’Impact que Thierry Henry a effectué son premier bain médiatique dans l’amphithéâtre du Centre Nutrilait, lundi matin.

Photo Pierre-Paul Poulin

Affable, chaleureux, sérieux, mais quand même capable de rigoler, Henry a fait une bonne première impression, répondant patiemment à toutes les questions pendant près de 45 minutes.

« J’espère que ça va être une grande aventure », a-t-il lancé d’entrée de jeu.

Photo Pierre-Paul Poulin

On est loin du Thierry Henry qui avait été excédé de devoir répondre aux mêmes questions en anglais et en français lors d’une conférence presse en marge d’un match amical entre les Red Bulls de New York et l’Impact, en 2011.

L’ancienne gloire de l’Arsenal a chanté les louanges de la ville à plusieurs reprises, prenant toujours le soin de dire Montréal avec l’accent français même dans ses réponses en anglais.

Mutuel

« Tout le monde était au courant que je n’avais pas de job. Il y a eu une rencontre avec Olivier et Kevin et il y a eu une envie mutuelle de travailler ensemble », a expliqué l’homme de 42 ans qui s’est montré très avenant et humble.

Photo Pierre-Paul Poulin

C’est l’entourage de Henry qui a fait les premiers pas vers l’Impact, mais le directeur sportif Olivier Renard ne cache pas qu’il avait un intérêt pour Henry, qu’il a connu alors qu’il faisait ses premières armes comme adjoint avec la sélection belge.

« J’ai eu des contacts avec des agents de plusieurs candidats, a reconnu Renard. À mes premiers contacts avec Thierry, j’ai eu le sentiment qu’on pouvait travailler ensemble. »

« Ce n’est pas important combien de candidats on avait, j’en voulais un et il est là. »

Photo Pierre-Paul Poulin

Du temps

Même si l’arrivée de « Titi » soulève l’enthousiasme dans l’entourage du club, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il opère un changement à 180 degrés dans l’immédiat.

« On ne construit pas un héritage en un mois, trois mois, voire un an, a rappelé le nouvel entraîneur. Il va falloir travailler dur, être patient. »

N’empêche que selon Olivier Renard, le travail peut réellement commencer maintenant qu’une structure claire est en place.

« Nous sommes plus ou moins cinq semaines après le dernier match de la saison. Le but était d’établir un plan de bataille assez rapidement. Je suis très content d’avoir Thierry à mes côtés pour construire l’équipe avec laquelle on veut aller à la guerre. »

Bâtir

Henry et Renard doivent maintenant commencer à bâtir cette équipe à partir des pièces qui sont en place. Il pourrait déjà y avoir du mouvement aujourd’hui, puisque l’équipe pourrait perdre un joueur lors du repêchage d’expansion pour Miami et Nashville.

Henry, qui a continué à suivre la MLS et ses progrès, même s’il est retourné en Europe après sa retraite, à la fin de la saison 2014, est conscient de la réalité financière de la MLS.

« J’ai joué dans cette ligue, les équipes qui gagnent, ce ne sont pas toujours les équipes qui ont le plus gros budget et la finale de cette année en témoigne. »

Quant à la philosophie de jeu, on peut dire qu’on va voir une équipe plus offensive que lors des dernières saisons.

« Toutes les équipes avec lesquelles j’ai joué en général essayaient de jouer au ballon, la philosophie est là, mais dans cette ligue, il faut s’adapter parce que ce n’est pas toujours possible. »

Choix logiques

Avant de bâtir son équipe, il va d’abord devoir nommer ses adjoints et il y a des candidats logiques qui se dessinent, comme Patrice Bernier qui est devenu un ami et Wilfried Nancy, un ancien de l’Académie qui s’est joint à la première équipe depuis 2015.

Il n’y a rien de finalisé, mais notons tout de même que Bernier et Nancy ont fait acte de présence au terme de la conférence de presse, ce qui n’est pas anodin.

« Pat est un enfant de la maison, on s’est côtoyé sur le terrain, on a joué ensemble au match des étoiles. C’était un joueur très intéressant, qui voit le jeu, qui connaît la ligue, l’environnement ici et la pression qui règne quand on joue à la maison et il peut être d’une aide extraordinaire à cet égard. »

Henry a de plus souligné que l’expérience de Nancy au sein de l’Académie était importante à ses yeux.

Éloge à Montréal

Quand il est arrivé à la présidence de l’Impact, il y a près d’un an, Kevin Gilmore a insisté sur l’importance que la ville soit perçue comme un gros marché et surtout sur l’importance d’avoir l’attitude qui va avec.

À ses yeux, cette philosophie est à la base du recrutement de Thierry Henry comme septième entraîneur-chef du Bleu-blanc-noir.

« En janvier, j’ai précisé que le club allait prendre une approche différente, changer son parcours en prenant sa place dans cette ville, dans la ligue et dans le sport. Il fallait agir comme un grand club.

« Cette approche a commencé à porter ses fruits quand on a amené Bojan. Elle a continué avec l’embauche d’Olivier Renard, un jeune directeur sportif qui faisait sa marque en Europe. »

Pour Gilmore, l’arrivée de Henry souligne le sérieux du club dans son désir d’atteindre ses objectifs.

« Aujourd’hui, on a un joueur légendaire qui a l’intention d’avoir autant de succès comme entraîneur qu’il en a eu en tant que joueur. Il a choisi cette ligue, ce club et cette ville. »

Une grande ville

Thierry Henry a tenu exactement le même discours quand il a expliqué pourquoi il a choisi Montréal.

« C’est une ville extraordinaire et c’est un gros marché, a-t-il insisté. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui sont au courant de ça, mais moi, je le sais. »

Photo Pierre-Paul Poulin

Henry aime donc Montréal et depuis quelques jours, la ville le lui rend bien. Il y avait un bon comité d’accueil à son arrivée à l’aéroport jeudi soir dernier et l’amphithéâtre du Centre Nutrilait débordait de journalistes, lundi matin.

« Quand je suis arrivé à l’aéroport, on m’a dit qu’il y avait du monde, je m’attendais à deux ou trois médias. Il y en avait plus que ça. C’est positif qu’il y ait beaucoup de monde dans la salle, mais je n’aurai pas l’arrogance de dire que je m’y attendais », a-t-il indiqué avec modestie.

Séduit

Thierry Henry a découvert Montréal pour la première fois en 2011 quand les Red Bulls de New York sont venus disputer un match amical avec l’Impact, qui allait accéder à la MLS l’année suivante.

« On prend le meilleur de l’Europe et de l’Amérique, ça donne Montréal. La ville est incroyable, on y mange bien, les restaurants sont bons, les gens ont du caractère, sont gentils et accueillants, c’est une ville de cœur et on le sent bien. »

Il allait donc de soi que les choses se règlent rapidement à partir du moment où autant lui que le club avaient le désir d’aller de l’avant.

« Je suis tombé amoureux de cette ville et j’ai un attachement pour la MLS. Ç’a été très vite », a-t-il admis.

Pour le directeur sportif, Olivier Renard, l’affection de Henry pour Montréal n’a fait qu’ajouter du poids à sa candidature.

« J’avais plusieurs candidats et c’était quelqu’un de motivé, qui aimait la ville, qui voulait venir et qui prônait un jeu offensif », a indiqué Renard.

Henry a par ailleurs reconnu avoir eu des conversations avec Didier Drogba et Patrice Bernier en amont de la signature de l’entente, mais leurs bons mots n’ont pas eu d’impact puisque son idée était déjà faite.