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L’avenir du hockey féminin passe par la LNH

Hayley Wickenheiser a eu des discussions avec le commissaire Gary Bettman

Intronisation Guy Carbonneau
Photo Martin Chevalier Légende de la LNH, Lanny McDonald a remis la bague d’intronisée à Hayley Wickenheiser lors d’une cérémonie tenue vendredi soir au Temple de la renommée du hockey, à Toronto.

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TORONTO | L’intronisation de la grande Hayley Wickenheiser au Panthéon du hockey survient au moment où le hockey féminin traverse une période difficile.

La Ligue canadienne de hockey féminin a mis fin à ses activités après une douzaine d’années d’existence en mai dernier pour des raisons financières. Le coup a été dur à encaisser pour les joueuses.

Quel avenir les attend ?

Il leur reste les Jeux olympiques, qui ont lieu tous les quatre ans, et le Championnat mondial, qui revient sur une base annuelle.

Pas un pendant de la WNBA

Une nouvelle ligue sera-t-elle créée ?

Le hockey féminin est-il en perte de vitesse ?

J’ai posé les deux questions à Hayley Wickenheiser.

« Je me disais toujours que notre sport se dirigeait dans la bonne direction. Mais je ne sais plus quoi penser maintenant, répond-elle.

La seule façon de relancer une ligue féminine passerait par une implication de la Ligue nationale. Je sais que la LNH a un plan. »

Mais il y a des zones grises.

« J’ai eu des discussions avec Gary Bettman, mentionne Mme Wickenheiser.

C’est un homme intelligent. La LNH doit avoir un projet sur la table qui ferait avancer la cause du hockey féminin. Gary Bettman m’a toutefois dit clairement que la LNH ne veut pas copier le modèle de la WNBA (Ligue féminine de basketball de la NBA). »

Mme Wickenheiser sait une chose.

« Les filles le méritent, affirme-t-elle avec conviction.

Je ne pense pas que notre cause aurait pu continuer à aller de l’avant avec la ligue qui était en place. Les meilleures joueuses ne voulaient pas y jouer. »

Aux États-Unis, la NHWL (National Hockey Women’s League), qui a été créée en 2015, est encore sur pied avec cinq équipes. Mais rien ne dit qu’elle vivra longtemps.

Arrivée au bon moment

Mme Wickenheiser a-t-elle le sentiment que ses efforts et ceux des joueuses qui l’ont précédée ou suivie n’ont mené à rien ?

« Je ne dirais pas ça, répond-elle.

Je ne suis pas déçue. Il n’y avait pas d’équipes nationales pour les femmes qui ont joué avant moi. J’ai eu la chance de participer à plusieurs championnats mondiaux et aux Jeux olympiques. »

Mme Wickenheiser possède une imposante collection de médailles. Elle a remporté trois médailles d’or et deux médailles d’argent aux Jeux olympiques, ainsi que sept médailles d’or et six médailles d’argent aux championnats du monde.

Sa carrière l’a amenée également à jouer dans des ligues semi-professionnelles en Finlande et en Suède.

« Aujourd’hui, je peux dire que j’ai joué au hockey durant 20 ans et que j’ai pu y gagner ma vie, enchaîne Mme Wickenheiser.

C’est beaucoup de chemin parcouru par rapport à ce que les pionnières de notre sport ont vécu. »

Au Québec, France Saint-Louis achevait sa carrière lorsqu’elle a pris part aux Jeux olympiques de 1998, à Nagano.

Solidarité

Mme Wickenheiser sympathise avec les joueuses d’aujourd’hui.

« C’est une période douloureuse pour les nouvelles venues, dit-elle.

Les temps sont toujours difficiles quand il faut apporter des changements. J’espère que les filles vont se serrer les coudes et faire montre de leadership.

C’est de cette seule façon qu’elles pourront faire progresser leur cause. »

Elle n’a pas le temps de chômer

Hayley Wickenheiser a un emploi du temps chargé. Depuis l’an dernier, elle veille conjointement avec Stéphane Robidas au développement des joueurs de l’organisation des Maple Leafs de Toronto. De plus, elle poursuit des études en médecine, elle qui est déjà diplômée en physiothérapie.

Que ferait-elle si on lui demandait de contribuer à la relance d’une ligue féminine au Canada ?

« Il ne faut jamais dire jamais, dit-elle.

Il faudrait que les bonnes conditions soient réunies. Or, à ce moment-ci, je ne crois pas que je pourrais jouer un rôle quelconque. »

Et dans l’avenir ?

« Je soupèserais la question si une offre m’était présentée, répond-elle.

Mais je suis très occupée. J’ai le sentiment que j’ai quelque chose à prouver tous les jours, et ça ne changera pas. »

Mme Wickenheiser passe une quinzaine de jours par mois à Toronto. Elle travaille avec les jeunes joueurs des Leafs et des Marlies et aide aussi les joueurs blessés dans leur programme de réadaptation, ce qu’elle a fait notamment avec John Tavares dernièrement.