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Le français: une passion mitigée

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Le sondage de ce matin sur la situation du français nous montre qu’il est bien fini le temps où les Québécois descendront dans la rue par dizaines de milliers pour défendre la langue de leurs aïeux.

En effet, il n’y a que 9 % des citoyens qui participeraient à une manifestation. Et seul un petit 22 % dénoncerait sur les réseaux sociaux un manque de respect pour la langue officielle du Québec.

L’époque est à l’individualisme. C’est ce qui explique qu’une majorité de répondants, 53 % des sondés, préfère intervenir personnellement pour être servie en français dans un commerce. C’est l’action choisie par les Québécois d’aujourd’hui. S’affirmer, oui, mais à titre personnel.

L’inquiétude quant à notre avenir linguistique ne semble pas suffisamment dérangeante pour nous mobiliser collectivement. L’époque n’est lyrique que pour des rassemblements musicaux et sportifs.

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Nostalgiques

À part les jurassiques dont les yeux s’embuent de larmes quand ils évoquent les grands rassemblements nationalistes du début des temps nouveaux, puis les espoirs finalement saccagés de libération nationale, il reste peu de gens pour consacrer leur vie à la défense de la langue française.

Pour croire à l’avenir du français, il faut se battre à contre-courant et résister aux modes. Il faut de plus avoir la conscience aiguë que chacun n’est qu’un maillon de la chaîne humaine. Que chaque personne, même la plus passionnément dédiée à la cause du français au Québec et en Amérique du Nord, ne peut toute seule faire perdurer sa langue.

Lorsqu’on observe les résultats du sondage, on constate, si on ne s’en doutait pas déjà, qu’entre 4 % et 12 % seulement de non-francophones sont prêts à poser des gestes pour protéger et promouvoir le français. Or, l’avenir du français au Québec repose aussi sur l’immigration. Que faut-il donc en conclure ?